Crise politique en Corée du Sud : un ex-ministre en détention provisoire

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Crise politique en Corée du Sud : un ex-ministre en détention provisoire
L'ancien ministre de la Santé a reconnu avoir fait pression sur un important actionnaire de Samsung.@ Ed Jones / AFP
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Moon Hyung-Pyo a reconnu avoir utilisé sa position au sein du gouvernement pour favoriser une fusion controversée au sein de Samsung. Il s'agit de l'une des ramifications du vaste scandale de corruption autour de la présidente Park Geun-Hye.

Un ancien ministre sud-coréen de la Santé, aujourd'hui à la tête de la caisse nationale de retraite, a été placé samedi en détention provisoire dans l'enquête pour corruption qui menace la présidence de Park Geun-Hye. Moon Hyung-Pyo a reconnu lors de sa garde à vue avoir fait pression, quand il était ministre (décembre 2013-août 2015) sur le Service national des pensions de retraite (NPS) dont il est devenu ensuite le patron pour qu'il soutienne une fusion très controversée au sein de Samsung. Le tribunal du district central de Séoul a ordonné son placement en détention provisoire, requis par le parquet, a annoncé samedi l'agence Yonhap.

Extorsion de fonds. Il s'agit d'une des ramifications d'une crise politique à tiroirs qui risque d'emporter la présidente, dont le parlement a voté la destitution début décembre. Cette motion doit encore être entérinée par la Cour constitutionnelle. La présidente, dont les pouvoirs ont été transmis en attendant au Premier ministre, est accusée de collusion avec son ancienne confidente de l'ombre Choi Soon-Sil, actuellement en détention et accusée notamment d'avoir profité de ses relations pour extorquer des sommes astronomiques aux conglomérats sud-coréens, parmi lesquels Samsung.

Une fusion controversée. Dans cette affaire, Samsung Group est soupçonné d'avoir soudoyé Choi Soon-Sil, l'amie de 40 ans de la présidente, pour obtenir le feu vert du gouvernement à une fusion controversée en 2015 qui avait été perçue comme une étape cruciale pour assurer une passation de pouvoir sans histoire au sommet du groupe, au profit de l'héritier présomptif Lee Jae-Yong. Cheil Industries, la holding de fait du groupe, avait racheté C&T, filiale de Samsung présente dans le commerce et la construction. Mais des actionnaires de C&T s'étaient opposés avec force à cette fusion, sous la houlette du fonds spéculatif américain Elliott, pour qui l'opération sous-estimait la valeur de la compagnie, lésant ses actionnaires.

La gêne de l'héritier Samsung. Au fil des investigations, Moon Hyung-Pyo, un proche de la présidente, s'est retrouvé soupçonné d'avoir fait pression sur le NPS, un important actionnaire de Samsung, pour qu'il accepte la fusion. Selon certains médias, les enquêteurs prévoient d'entendre en janvier Lee Jae-Yong pour savoir s'il a ou non donné pour instruction aux dirigeants de Samsung Electronics de verser des millions de dollars à des fondations contrôlées par Choi Soon-Sil, en échange du soutien du NPS à la fusion controversée. L'héritier de Samsung a récemment affirmé à une commission d'enquête parlementaire qu'il n'avait été au courant d'aucun transfert. Mais son malaise et ses réponses toutes faites lors de cette audition publique ont suscité l'agacement des élus, et les railleries du public.

La quatrième économie d'Asie. Premier conglomérat du pays, Samsung est celui qui s'est montré le plus généreux en donnant aux fondations de Choi Soon-Sil 20 milliards de wons (17 millions de dollars), suivi par Hyundai, SK, LG et Lotte. Les conglomérats familiaux géants, les fameux "chaebols", dominent depuis des décennies la marche d'une économie portée par les exportations, la quatrième d'Asie. Leurs capitaines d'industrie ont démenti avoir troqué de l'argent contre des faveurs mais ont laissé entendre qu'ils étaient régulièrement l'objet de pressions de la part du sommet du pouvoir.