Crimes en Centrafrique : l'accusation de la CPI demande "25 ans minimum" contre Bemba

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Crimes en Centrafrique : l'accusation de la CPI demande "25 ans minimum" contre Bemba
@ Jerry Lampen / ANP / AFP
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Agé de 53 ans, Bemba est accusé d'avoir laissé ses hommes mener une campagne de meurtres et de viols en 2002-2003 en République centrafricaine.

Le bureau du procureur de la Cour pénale internationale a requis mercredi "au minimum 25 ans" de prison contre l'ancien vice-président congolais Jean-Pierre Bemba, reconnu coupable de crimes contre l'humanité et crimes de guerre commis par sa milice en Centrafrique.

"Une cruauté toute particulière". "Il y a deux circonstances aggravantes : la commission des crimes à l'encontre de victimes particulièrement vulnérables et la commission de ces crimes avec une cruauté toute particulière", a affirmé un représentant du procureur, Jean-Jacques Badibanga. En 2010, un témoin au premier procès de l'ancien vice-président congolais Jean-Pierre Bemba a décrit devant la Cour pénale internationale (CPI) comment des hommes de la milice que dirigeait ce dernier ont violé des fillettes dans une école et battu des civils en République centrafricaine.

Le viol reconnu comme crime de guerre. Riche homme d'affaire devenu chef de guerre, Bemba, 53 ans, était accusé d'avoir laissé ses hommes mener une campagne de meurtres et de viols en 2002-2003 en République centrafricaine où ils étaient intervenus pour mater des tentatives de coup d'Etat à la demande du président d'alors, Ange-Félix Patassé. Le 21 mars, au terme d'un procès ouvert en novembre 2010, la CPI avait reconnu l'ancien chef rebelle du nord de la République démocratique du Congo (RDC) coupable de cinq crimes de guerre et crimes contre l'humanité commis en 2002 et 2003 en Centrafrique, en vertu du principe de la "responsabilité du commandant". Ce jugement était également le premier de la CPI à avoir condamné le recours au viol comme un crime de guerre.

Jean-Pierre Bemba, 53 ans, encourt jusqu'à 30 ans de prison, voire la perpétuité si les juges estiment que l'"extrême gravité du crime" le justifie. Arrêté à Bruxelles en 2008, il a déjà passé huit années en détention.