Germanwings : de nouvelles mesures de sécurité jugées potentiellement "dangereuses"

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De nouvelles mesures de sécurité ont été mises en place après le crash de la Germanwings, il y a un an. Mais sont-elles efficaces ?

INTERVIEW

Après le crash de l'appareil de la Germanwings il y a un an, où 150 passagers et personnels d'équipage sont morts, des mesures ont été prises : désormais, un pilote ne peut rester seul dans le cockpit. Gérard Arnoux, président du comité de veille de la sécurité aérienne en France, a estimé jeudi midi sur Europe 1 que cette mesure pouvait se révéler dangereuse.

Une procédure potentiellement dangereuse. "On s’est engouffré dans un espèce de parapluie juridique qui ne résout rien", a-t-il sévèrement jugé. Pour cet ancien commandant de bord d'Air France, "la procédure mise en œuvre est non applicable et non appliquée". Pire, elle serait "dangereuse".

"Quand un copilote veut aller aux toilettes, il va devoir faire appel à un personnel de cabine pour éviter que l'autre pilote ne se retrouve tout seul dans le cockpit", décrit-il. Ce membre de l'équipage, qui sert la plupart du temps en classe affaire, est donc "obligé de quitter son poste de travail, de laisser son trolley dans l’allée. Imaginez à ce moment-là que l’avion rencontre des turbulences. Quid du trolley qui devient alors un projectile terrible, de plusieurs dizaines de kilos, et qui peut blesser les passagers ?", pointe-t-il.

Les pilotes "correctement surveillés en France" mais... Pour Gérard Arnoux, "si un pilote souhaite précipiter l’arrivée au sol d'un avion, c’est très facile". La solution la plus efficace serait donc de prévenir plutôt que de guérir. "Andreas Lubitz n’était pas dans un passage à vide. Il avait une maladie psychiatrique qui a vu sa formation interrompue neuf mois". Le fait qu'en dépit de ses problèmes psychiatriques, il a pu prendre les commandes d'un avion a choqué le monde.

Mais qu'en est-il dans l'Hexagone ? Les pilotes des compagnies aériennes françaises peuvent-ils échapper à la surveillance médicale ? Pour Gérard Arnoux, les pilotes sont "correctement surveillés en France". Mais cela pourrait ne pas durer. Le spécialiste a souligné que "le BEA (le Bureau d'enquêtes et d'analyses pour la sécurité de l'aviation civile, ndlr) et le ministre des Transports souhaitent supprimer ce que nous avons de formidable en France : les centres d’expertise médicaux du personnel navigant". Selon Gérard Arnoux, "il ne faut surtout pas jeter aux orties" notre système de sécurité.