COP21 : Obama exhorte le monde à "être à la hauteur" des enjeux

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COP21 : Obama exhorte le monde à "être à la hauteur" des enjeux
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ENVIRONNEMENT - Le sommet pour le climat s'est officiellement ouvert lundi, au Bourget. Après une minute de silence en hommage aux victimes des attentats, les 195 délégations vont tenter, pendant onze jours, de trouver un accord contraignant pour lutter contre le réchauffement climatique.

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Onze jours de négociations attendent les 195 participants. Le coup d'envoi de la COP21 a été donné lundi matin, au Bourget près de Paris, avec au menu de la journée les déclarations des 150 chefs d'Etat qui ont fait le déplacement. L'objectif est désormais de s'accorder sur un texte contraignant pour lutter contre le dérèglement climatique. Avec en tête l'échec des négociations de Copenhague, en 2009, qu'il ne faudra surtout pas reproduire.

Les quatre infos à retenir :

  • Le sommet sur le climat s'est ouvert lundi matin et durera jusqu'au 11 décembre

  • 150 chefs d'Etat ont fait le déplacement, accueillis un par un par François Hollande

  • Le président français vise un "accord universel, contraignant et différencié"

  • Arrivé dimanche soir, le président américain s'est rendu sur les lieux des attentats de Paris. Le sommet a également été précédé d'une minute de silence

30.11.COP21 Discours Hollande.THIBAULT CAMUS  POOL  AFP.640.640

Hollande prévient : "nous n'avons pas le droit de décevoir". "Jamais l'enjeu d'une réunion internationale n'a été aussi élevé que celui de la COP21. (...) C’est un jour historique que nous vivons. La France accueille 150 chefs d’Etat et de gouvernement, des milliers de délégués, venus de tous les continents. Jamais une conférence n’avait accueilli autant de responsables. Car jamais l’enjeu d’une réunion internationale n’avais été aussi élevé. Car il s’agit de l’avenir de la planète, de l’avenir de la vie", a déclaré François Hollande pour commencer son intervention.

La conférence internationale qu’accueille la France représente "un immense espoir que nous n'avons pas le droit de décevoir", a-t-il souligné, avant d'ajouter qu'il espère arriver à un "accord universel, contraignant et différencié". "Nous allons décider en quelques jours pour quelques décennies", a-t-il conclu.

Le secrétaire général des Nations-Unis Ban Ki-Moon lui a emboîté le pas en soulignant que "Paris doit marquer un tournant". "Je vous demande de choisir la voie du compromis, (...) l'heure n'est plus à la politique de la corde raide", a-t-il déclaré, ponctuant son intervention de plusieurs phrases en français. Le président de la COP21, Laurent Fabius, a ensuite pris la parole pour promettre qu'il fera de son mieux pour rapprocher les points de vue.

Les quelques 150 chefs d'Etat et de gouvernement présents ont ensuite été réunis pour une photographie de groupe. Une absence a néanmoins été remarquée : celle de Vladimir Poutine, arrivé au Bourget à 12h30 après les discours d'ouverture et la prise de ce cliché :   

30.11.COP21 photo chef d'Etat.MARTIN BUREAU  POOL  AFP.4828.1032

Obama : "nous sommes la première génération à ressentir le changement climatique". Une fois la photographie de groupe réalisée, les chefs d'Etat et de gouvernement ont pris la parole pendant trois minutes chacun. "Nous sommes la première génération a ressentir le réchauffement climatique et la dernière à pouvoir y faire quelque chose", a notamment déclaré Barack Obama.

"Nous devons tenir aujourd'hui à Paris tenir les promesses que nous avions faites à Cophenhague", a insisté la chancelière allemande, avant de souligner le rôle d'entrainement que doivent avoir les pays les plus développés. L'Allemagne a donc promis de continuer à investir dans la recherche et à aider les pays les plus pauvres dans leur transition énergétique.

Pour la Chine, les efforts doivent être proportionnels. Après avoir présenté toutes ses "condoléances au peuple français", le président chinois Xi Jinping a de son côté insisté sur le "respect des différences que connaissent nos pays" et sur "les solutions les plus adaptées aux contextes que connaissent nos pays". "Les pays développés doivent être à la hauteur de leur engagement", a-t-il déclaré en référence au fonds d'aide aux pays les plus fragiles, censé être financé à hauteur de 100 milliards d'euros. Le président chinois a également insisté sur les "transferts de technologies" dont devraient bénéficier les pays en voie de développement pour concilier croissance économique et respect de l'environnement.

"Tout nouvel accord ne devra pas porter préjudice au développement des pays africains", a ensuite renchéri le président égyptien Abdel Fattah El Sisi. Vladimir Poutine lui a emboîté le pas, insistant d'abord sur la contribution de la fédération de Russie à la lutte contre le changement climatique. Puis le chef de l'Etat a insisté sur la dimension "égalitaire" que devrait revêtir l'accord, tout en estimant que ce dernier est à portée de main.

Le président des Kiribati, un archipel situé en plein milieu de l'Océan Pacifique, n'a en revanche pas caché son inquiétude, d'autant que son Etat est "en première ligne" face à la montée des eaux. "Concrétisons les promesses qui ont été faites", a-t-il espéré, estimant que la communauté internationale ne pouvait se contenter de multiplier les paroles et devait passer aux actes. Un discours également tenu par plusieurs chefs d'Etat africains.

Une minute de silence pour les victimes des attentats. Avant que le président de la République française ne prenne la parole pour son discours inaugural, les 150 chefs d'Etats présents en France ont observé une minute de silence. Toutes les personnes présentes dans la salle se sont alors levées pour rendre hommages aux victimes des attentats du 13 novembre.

30.11.Cop21 Minute silence.BFMTV.1280.640

La COP 21 est officiellement ouverte. Alors que les 150 dirigeants du monde entier présents au Bourget continuent d'affluer, la COP 21 s'est officiellement ouverte peu après 10 heures. Laurent Fabius, le ministre des affaires étrangères, a officiellement été élu président de l'événement.

Laurent Fabius a estimé dans son discours que le succès n'était "pas encore acquis" mais qu'il était "à notre portée". "Nous avons une obligation de succès" car "l'enjeu est beaucoup trop important et la menace climatique beaucoup trop grande pour que nous puissions nous contenter d'un accord minimal", a-t-il déclaré.

François Hollande à l'ouverture. Le président de la République est arrivé au Bourget vers 8 heures pour accueillir les délégations participantes. Flanqué notamment de Ban Ki-moon, secrétaire général de l'ONU, de Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères et de Ségolène Royal, ministre de l'Ecologie, il doit accueillir personnellement pas moins de 150 chefs d'Etat, pour autant de poignée de main et de pose devant les objectifs.

Des roses devant le Bataclan. Le président des Etats-Unis, Barack Obama, était arrivé dès dimanche soir à Paris. Juste après son atterrissage, il s'était rendu devant le Bataclan pour rendre un hommage silencieux aux victimes des attentats de Paris, aux côtés de la maire de la ville, Anne Hidalgo, et de François Hollande. Les yeux rivés au sol, Barack Obama, dont l'absence lors de la marche du 11 janvier après les attentats de Charlie Hebdo avait été remarquée, avait déposé une rose blanche devant la salle de concert. Les premiers ministres japonais et canadien, Shinzo Abe et Justin Trudeau, ainsi que la présidente chilienne, Michelle Bachelet, s'étaient aussi recueillis au même endroit plus tôt dans la journée.

Attentats-Hollande-avec-Obama-au-Bataclan