Côte d’Ivoire : pressions internationales

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Côte d’Ivoire : pressions internationales
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Les appels se sont multipliés dans le monde pour que les résultats de la présidentielle soient validés.

A quelques heures de la date limite pour l'annonce du résultat de la présidentielle de dimanche entre Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara, la Côte d'Ivoire ignorait toujours mercredi après-midi qui sera son prochain président. Une situation qui suscite de grandes inquiétudes à l’étranger.

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a réclamé mercredi la publication "sans délai" des résultats. "Le secrétaire général demande à toutes les parties ivoiriennes et aux institutions de faire preuve de responsabilité et de s'abstenir de toute initiative jusqu'à l'annonce des résultats provisoires", a déclaré un porte-parole du chef de l'ONU.

"Pas d’entraves" au résultat

Le chef de l’Etat français a demandé mercredi que le processus électoral en Côte d'Ivoire soit conduit à son terme "sans entraves". Nicolas Sarkozy a jugé "essentiel que la Commission électorale indépendante (CEI) annonce les résultats dans le délai prévu, c'est-à-dire avant mercredi soir". Sa ministre des Affaires étrangères, Michèle Alliot-Marie, a assuré qu'il n'y avait "pas de raison d'être inquiet" pour les quelques milliers de Français dans le pays.

La chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton a quant à elle demandé que la "volonté du peuple ivoirien soit entièrement respectée". L'Union africaine a appelé au respect du "verdict des urnes".

"Il est impératif que le président de la CEI proclame immédiatement les résultats provisoires", a, pour sa part, jugé l'ex-Premier ministre ivoirien et candidat Alassane Ouattara. Ces résultats "ne sont autres que la compilation des résultats des CEI régionales", "disponibles" auprès des candidats et du Premier ministre Guillaume Soro notamment, a-t-il fait valoir.

La peur des Ivoiriens

Le camp Gbagbo réclame, quant à lui, l'annulation de votes "frauduleux" dans le nord, tenu par l'ex-rébellion des Forces nouvelles (FN) depuis le coup d'Etat manqué de septembre 2002. "Si un élève a résussi par la tricherie et qu’il est découvert, vous pensez qu’on va accepter de lui délivre le diplôme tout simplement parce qu’il a eu 18/20?" interroge un des porte-parole du président sortant. "Sur la base de toues les localités qui ne font pas l’objet de contestation de notre part, nous sommes largement en tête, au-delà de 55%."

Le problème, c’est que ni L’ONU ni les observateurs internationaux n’ont constaté de fraudes massives dans le Nord. Ils ont même parlé de scrutin globalement démocratique.

A Abidjan, de nombreux habitants ont choisi de rester chez eux par crainte de violences mercredi. La circulation était d’ailleurs exceptionnellement fluide sur les grands axes, comme depuis lundi. Le quartier du Plateau, qui représente les administrations et les affaires, était désert.

Le couvre-feu prolongé

Légalement, la Commission électorale indépendante avait jusqu'à mercredi à minuit heure locale, soit une heure du matin jeudi, heure française, pour annoncer les résultats complets. Elle avait dit mardi soir qu'elle commencerait à les diffuser ce mercredi à 11h. Ce qui n’a pas été fait.

La Commission électorale indépendante n'ayant déclaré aucun vainqueur mercredi à minuit, la décision devrait être remise au Conseil constitutionnel. Présidé par un proche du chef de l'Etat sortant, elle aura 24 heures pour proclamer les résultats définitifs en validant ou non les résultats provisoires de la CEI.

Au-delà du nom du vainqueur, l'enjeu est lourd pour la Côte d'Ivoire : mettre fin à dix ans de crise politico-militaire et à la partition du pays en un sud loyaliste et un nord tenu par l'ex-rébellion des Forces nouvelles (FN) depuis le coup d'Etat manqué de septembre 2002.

Et finalement, la seule annonce qu'auront eu les Ivoiriens mercredi, c'est la prolongation du couvre-feu jusqu'à lundi prochain.