Corée du Nord : "bienvenue" dans les camps de travail 15 et 16

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Corée du Nord : "bienvenue" dans les camps de travail 15 et 16
L’ONG s’est penchée plus particulièrement sur les camps 15, à Yodok, et 16, ce dernier étant le camp le plus vaste de Corée du Nord, à Hwaseong.@ Amnesty
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VU DU CIEL - L’ONG Amnesty International publie des images satellites de deux camps de travail nord-coréens.

L’INFO. Rares sont les informations qui filtrent depuis la Corée du Nord, l’un des pays les plus fermés au monde. Alors pour son dernier rapport sur les camps de travail dans ce pays, l’ONG Amnesty International s’est appuyée des photos prises par satellite, qui permettent de comprendre (un peu) le fonctionnement de ces infrastructures où des centaines de milliers de personnes, y compris des enfants, seraient enfermés. 

Les camps 15 et 16. L’ONG s’est penchée plus particulièrement sur les camps 15, à Yodok, et 16, ce dernier étant le camp le plus vaste de Corée du Nord, à Hwaseong.

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© Amnesty

Les photos ont été prises entre 2008 et 2013. Pour le camp 16, le nombre de logements semble avoir augmenté, ce qui suggère une hausse de la population. D’après l’Institut coréen pour l’unification nationale (KINU), entre 80.000 et 120.000 personnes seraient détenues dans toute la Corée du Nord.

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© Amnesty

Le périmètre de ces camps est visible et les mouvements semblent être strictement contrôlés. L’ONG détecte aussi des traces de travail dans ces camps, dans des mines ou aux champs.

Forcés de creuser leur propre tombe. Amnesty a aussi recueilli le témoignage d’un ancien garde du camp numéro 16. Cet homme raconte des scènes d’exécutions dignes d’un film d’horreur, avec des détenus forcés de creuser leur propre tombe avant d’être tués à coups de marteau dans la nuque. Il évoque aussi le cas de femmes détenues ayant disparu après avoir été violées par des hauts gradés du camp.

Une commission de l’ONU. Pour tenter de faire la lumière sur ces camps, l’ONU a lancé en mars une commission d’enquête sur les droits de l’Homme en Corée du Nord. D’anciens prisonniers ayant réussi à fuir le pays ont témoigné ces derniers mois. Parmi eux, Shin Dong-huyk, né dans un camp de travail, où il a passé ses 24 premières années, et auteur d’un ouvrage dans lequel il raconte son histoire. Son premier souvenir ? Celui d’une exécution publique. Plus tard, il a été obligé de dénoncer sa mère et son frère et d’assister à leur exécution. Malgré les témoignages et les récits, Pyongyang dément tout abus et a refusé catégoriquement de reconnaître la commission de l’ONU.

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