Comment Berlusconi a fait chuter Monti

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Comment Berlusconi a fait chuter Monti
Mario Monti a annoncé sa démission prochaine samedi.@ Reuters
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Impopulaire et confronté à la défiance du camp Berlusconi, Monti a jeté l’éponge. Explications.

>> L’info. La journée de samedi a été riche pour la vie politique italienne. Dans l’après-midi, Silvio Berlusconi annonçait son grand retour et sa candidature aux prochaines élections législatives. Un peu plus tard dans la journée, Mario Monti s’est entretenu deux heures durant avec le chef de l’État, Giorgio Napolitano. A sa sortie, le président du Conseil italien annonce sa prochaine démission car il "ne juge pas possible de poursuivre son mandat".

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>> Pourquoi Monti jette l’éponge. Au pouvoir depuis la démission de Silvio Berlusconi, en novembre 2011, Mario Monti a très vite endossé le costume de pompier de service. Ce technocrate a mis en place une draconienne politique d'austérité afin d'éviter à l'Italie le sort de la Grèce. Problème : ce programme a suscité la colère d'une partie de la population : en treize mois, la cote de popularité de Mario Monti n'a jamais été aussi basse.

Mario Monti était interviewé sur Europe 1 le 13 novembre dernier :

Mais ce n’est pas l’opinion publique qui l’a fait flancher, ou du moins pas seulement. Le président du Conseil italien s’est senti lâché par Silvio Berlusconi. Jeudi dernier, les parlementaires du PDL (le Peuple dela liberté), le parti du "Cavaliere", n’ont en effet pas voté la confiance au gouvernement et n’ont même pas participé au vote au Sénat, tout en critiquant la politique mise en place. Une prise de distance insoutenable pour Mario Monti. "J'ai mûri la conviction qu'on ne pouvait pas continuer à aller ainsi de l'avant", a-t-il confié dimanche dans le Corriere della Sera. Pour lui, cette abstention était une motion de défiance à son égard.

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berlusconi

© MAXPPP

>> Pourquoi Berlusconi fait son retour. "C'est avec tristesse que je retourne à la vie publique", a-t-il assuré à des journalistes, filmé par sa chaîne de télévision TGCOM24. "Et je le fais une nouvelle fois par sens des responsabilités." Silvio Berlusconi se pose en sauveur d’une patrie asphyxiée économiquement. Préparant son retour, il avait déjà déclaré, deux jours plus tôt, qu'il ne voulait pas laisser l'Italie "s'enfoncer dans la récession".  "La situation est bien pire aujourd'hui qu'il y a un an, quand j'ai quitté le gouvernement de façon responsable et par amour pour mon pays", écrivait-il dans un communiqué.

>> Et maintenant, de nouvelles élections. Les élections législatives étaient normalement prévues en mars prochain, probablement le 10, une date jugée samedi "acceptable" par le "Cavaliere". Mais la prochaine démission de Mario Monti devrait avancer la date du scrutin à février.  Aux termes de la constitution, des élections législatives doivent en effet être organisées dans les 70 jours suivant la dissolution du Parlement par le président de la République Giorgio Napolitano.

Selon un récent sondage de l'institut SWG, le Parti démocrate est en tête des intentions de vote avec 30,3%, contre 19,7% pour le très populiste Mouvement 5 Étoiles de l'humoriste Beppe Grillo et 13,8% pour le PDL, qui arrive seulement en troisième position. Face à cette situation, Silvio Berlusconi s'est finalement résolu à agir, au moins pour tenter de "sauver les meubles" à droite. "Si j'entre dans la course, c'est pour gagner", n’a-t-il, pu s’empêcher de rajouter.

José Manuel Barroso, le président de la Commission européenne, invité du Grand Rendez-Vous Europe 1/Le Parisien/Aujourd’hui en France. 930620

© EUROPE 1

>> Qu’en pense l’Union européenne ? Dans une interview au quotidien italien Il Sole 24, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a espéré que cette situation n’entraînera pas de changement dans la ligne économique de La Botte : "Ces prochaines élections ne doivent pas être un prétexte pour remettre en question des mesures qui sont vraiment indispensables. Le calme relatif sur les marchés ne signifie pas que nous sommes sortis de la crise".