Comme un parfum de scandale au Vatican

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Comme un parfum de scandale au Vatican
@ Max PPP
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La presse italienne établit un lien entre la démission du pape et l'existence d'un "lobby gay".

>> L'ACTU. Dans un article aux accents volontiers sensationnalistes, intitulé "Sexe et carrière, les chantages au Vatican derrière la renonciation de Benoît XVI", le quotidien la Repubblica établit un lien direct entre le départ du pape et une affaire de pressions sur des évêques homosexuels. Europe1.fr fait le point sur la rumeur qui touche le Saint-Siège.

L'affaire Vatileaks. Tout a commencé avec une histoire de fuites au sein du Vatican, portée au grand jour au mois de mai 2012. Des documents confidentiels faisant état de l'existence d'un large réseau de corruption au sein même du Vatican, éclaboussent le Saint-Siège.

L'enquête secrète. Suite à la diffusion de ces informations ultra confidentielles, Benoît XVI demande à trois cardinaux de mener une enquête, dans le plus grand secret, afin de savoir exactement ce qui se passe au sein du Vatican. Les cardinaux Juliàn Herranz, Jozef Tomko et Salvatore De Giorgi se mettent au travail.

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© REUTERS

Lobby gay et chantage. Selon le journal italien, le cardinal espagnol Herranz aurait évoqué le 9 octobre devant lui le dossier "le plus scabreux", à savoir "un réseau transversal uni par l’orientation sexuelle" et, "pour la première fois, le mot homosexualité était prononcé" dans l’appartement pontifical. D'après la Repubblica, le rapport indique que certains prélats auraient subi "l'influence extérieure" (autrement dit le chantage) de laïcs auxquels ils seraient liés par des liens de "nature mondaine".

"Les mauvais poissons". Deux jours après les révélations faites par le cardinal espagnol, le pape, dans un discours improvisé au ton pessimiste, évoque sous forme de métaphore "les mauvais poissons" qui sont pêchés dans le filet de l’Église, le soir même de l'ouverture de l'Année de la foi. Le rapport final, lui, aurait été remis au pape le 17 décembre par les trois évêques. Un rapport composé de deux tomes de 300 pages, contenant noms et détails de l'affaire "Vatileaks".

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© REUTERS

Des rumeurs anciennes. La rumeur de l'existence d'un lobby gay faisant pression sur des évêques homosexuel n'est pas nouvelle. "Depuis plusieurs années, des rumeurs courent sur l'homosexualité d'un certains nombres d'employés du Vatican, voire de prélats", explique Frédéric Mounier, consultant d'Europe 1 pour le Vatican. Aujourd'hui, on utilise le mot de chantage. Cela revient à dire que certains des individus qui seraient impliqués pourraient aujourd'hui être victimes d'un tel chantage", poursuit le spécialiste pour qui "objectivement, pour l'instant, il n'existe pas d'informations réelles et sérieuses sur ce sujet".

Le silence du Vatican. Le porte-parole du Vatican, le père Federico Lombardi, a quant à lui réagi en jugeant fantaisistes ou faux plusieurs points de l’article. Il a annoncé qu’il n’y aurait ni "démentis, ni commentaires, ni confirmations" sur les "affirmations et opinions" diffusées par la presse en cette période, et que les trois cardinaux n’accorderaient pas d’interviews. A l’approche de l’entrée en conclave, les articles à sensation risquent de se multiplier dans la presse italienne, entre rumeurs et intérêts personnels cherchant à peser sur l’élection, selon les experts des questions vaticanes.