Comme l'Argentine, ces pays n'autorisent toujours pas l'avortement

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Comme l'Argentine, ces pays n'autorisent toujours pas l'avortement
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Alors que le Sénat argentin vient de rejeter une loi légalisant l'IVG, l'avortement reste toujours interdit, ou soumis à des conditions drastiques, dans de nombreux pays.

Il aura fallu seize heures de discussions aux sénateurs argentins pour refuser aux femmes le droit d'avorter. Au terme d'un débat qui, en réalité, aura secoué l'Argentine pendant plusieurs mois, le projet de loi visant à légaliser l'IVG dans le pays a été rejeté, après avoir pourtant été validé par les députés. Comme près de 60% des femmes dans le monde, les Argentines n'ont donc toujours pas un accès libre à l'avortement.

Les pays qui interdisent totalement l'IVG

Une vingtaine de pays continuent d'interdire strictement l'avortement. La majorité d'entre eux sont situés sur le continent africain. Au Congo, au Gabon, en Guinée-Bissau, à Madagascar, en Mauritanie, à Djibouti ou encore au Sénégal, l'IVG est interdite, quelle que soit la situation.

En Amérique centrale et du Sud aussi, la situation est très compliquée pour les femmes. Des pays comme le Salvador ou le Suriname ont des législations particulièrement sévères, où un avortement peut être puni de plusieurs dizaines d'années de prison. Au Honduras, au Nicaragua, en Haïti et en République Dominicaine, les femmes n'ont pas le droit d'avorter.

En Asie, le Laos, les îles Palaos et les Philippines sont les derniers pays à totalement interdire l'IVG. En Europe, c'est le cas du Vatican et de Malte, où le catholicisme est religion d'État.

Les pays qui autorisent l'IVG seulement sous conditions

Le continent africain reste celui où il est le plus compliqué pour les femmes d'avorter, puisque seuls trois pays (la Tunisie, l'Afrique du Sud et le Malawi) autorisent l'IVG sans restriction. En Côte d'Ivoire, en Libye, en Ouganda et au Soudan du Sud, la mère ne peut interrompre sa grossesse que si sa vie est en danger.

En Amérique du Sud, ce même et unique critère a été retenu par le Guatemala, le Paraguay et le Venezuela. Au Chili et au Brésil en revanche, l'avortement est autorisé en cas de viol, de risque pour la santé de la mère et, respectivement, de non-viabilité ou de grave malformation du fœtus.

En Asie, l'Irak, le Liban, la Syrie, l'Afghanistan, le Yemen, le Bangladesh, la Birmanie et le Sri Lanka sont les États à la législation la plus stricte, où l'IVG ne peut être pratiqué, là encore, que si la vie de la mère est en danger. En Corée du Sud, une décision de la Cour constitutionnelle est toujours attendue pour une éventuelle dépénalisation de l'avortement. Il n'est pour l'instant autorisé qu'en cas de viol, d'inceste ou de menace pour la santé de la mère.

En Europe, l'Andorre et l'Irlande du Nord n'acceptent l'avortement que si la vie de la mère est menacée. Dans la province britannique, la Cour suprême a même été saisie par la commission des droits de l'Homme d'Irlande du Nord pour savoir si la loi n'était pas en contradiction avec la Convention européenne des droits de l'homme. Mais elle a refusé de se prononcer. Du côté de la Pologne, où l'IVG n'est autorisé qu'en cas de viol, d'inceste, de danger pour la mère ou de malformation irréversible du fœtus, des lois sont régulièrement déposées pour durcir encore la législation. En revanche, à Chypre, c'est l'inverse : en mars dernier, l'île a légalisé un avortement libre alors que, jusque-là, il n'était autorisé qu'en cas de risque pour la femme ou le fœtus, et toléré lors d'un viol ou d'un inceste.