Claire Hédon : lutter contre la pauvreté, "un investissement rentable"

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Lors de la 30e jour du refus de la misère, la présidente d’ATD Quart Monde France demande des moyens financiers à Emmanuel Macron.

INTERVIEW

Trois millions d'enfants sont pauvres en France. Un enfant sur cinq vit ainsi dans une famille qui a moins de 1.000 euros par mois. Claire Hédon, présidente d’ATD Quart Monde France, était l'invitée d'Europe 1 mardi, à l'occasion de la 30e journée du refus de la misère. Alors qu'Emmanuel Macron va lancer une grande consultation sur le sujet, la spécialiste demande des moyens financiers.

"Pauvrophobie". "On pourrait éradiquer la misère si on le voulait vraiment", lance-t-elle, de prime abord. Mais pour Claire Hédon, "on ne s'en donne pas les moyens, du côté des politiques mais aussi de la société" qui garde "un regard discriminant sur les plus pauvres" avec des préjugés qui restent ("Qu'ont-ils fait pour être dans cette situation ?" ; "Ils ne font rien pour s'en sortir"). Afin de contrer cette méfiance, l'association a demandé à ce que "la pauvrophobie" soit reconnue comme "un critère de discrimination" qui peut se rencontrer dans le refus d'accès à un logement ou un refus de CMU, par exemple.

La pauvreté "se transmet" de parents à enfants. Du côté politique, la présidente d'association attend du concret de la part d'Emmanuel Macron et entend partir de la situation des enfants pauvres pour éclairer son combat. "Ça va permettre de travailler sur l'ensemble des droits : les accès au logement, à l'éducation, aux soins et à la culture et au travail des parents." Raison supplémentaire d'attaquer le problème par le versant des enfants, c'est que la pauvreté se transmet de génération à génération, décrit Claire Hédon. "Quand vous vivez avec 545 euros par mois, comment vous voulez être logé correctement ? Avoir des enfants qui apprennent correctement ?"

"Un investissement rentable". Le budget alloué à la lutte contre la pauvreté est le cœur du sujet, rappelle Claire Hédon qui s'inquiète : "On n'est pas sûrs qu'il y aura les financements sur la table (...) Ce qui a été annoncé, c'est l'augmentation de l'allocation adulte handicapé, du minimum vieillesse et de la prime d'activité. C'est bien, mais on n'augmente pas le RSA socle de 545 euros." Elle incite le gouvernement à s'emparer du sujet. "C'est un investissement rentable. Mettons de l'argent pendant 15-20 ans, au bout, on fera des économies."