"Camion charnier" : 25 ans ferme pour les principaux accusés

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"Camion charnier" : 25 ans ferme pour les principaux accusés
Le parquet avait requis la réclusion criminelle à perpétuité contre les quatre passeurs.@ Vladimir SIMICEK / AFP
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En 2015, 71 migrants issus du Moyen-Orient ont trouvé la mort dans un camion frigorifique en Autriche, alors en route pour l'Europe de l'ouest.

Près de trois ans après la mort par suffocation de 71 migrants dans un camion frigorifique découvert en Autriche en août 2015, la cour d'assises de Kecskemét en Hongrie a prononcé jeudi des peines de 25 ans de prison ferme à l'encontre des quatre principaux trafiquants impliqués.

L'opinion mondiale ébranlée. Originaires de Syrie, d'Irak et d'Afghanistan et en route pour l'ouest de l'Europe, les migrants, dont quatre enfants, avaient péri dans le compartiment étanche que les passeurs avaient refusé d'entrouvrir. Dans ce drame, qui avait ébranlé l'opinion publique mondiale, le parquet avait requis la réclusion criminelle à perpétuité contre les quatre hommes. Le parquet avait requis la réclusion criminelle à perpétuité incompressible contre trois des accusés, dont le chef de réseau Samsoor Lahoo, un Afghan de 31 ans, un de ses lieutenants et le chauffeur du camion, tous deux bulgares. La perpétuité simple avait été requise à l'encontre d'un troisième Bulgare.

Les victimes avaient succombé en moins de trois heures. Les dix autres accusés ont été condamnés à des peines allant de 3 à 12 ans d'emprisonnement, au terme d'un procès fleuve débuté en juin 2017. Les victimes, qui voulaient se rendre en Allemagne, avaient été embarquées dans le sud de la Hongrie, non loin de la frontière serbe, le 26 août 2015. Entassées sur 14 mètres carrés, avec moins de 30 mètres cubes d'air pour respirer, elles avaient succombé en moins de trois heures. Le camion avait été découvert le lendemain abandonné avec son macabre chargement le bas-côté d'une autoroute autrichienne à proximité de Parndorf, à la frontière hongroise.

Ouverture des frontières favorisées au début de la vague migratoire de 2015-2016.  Des écoutes téléphoniques réalisées par la police hongroise avaient établi que Samsoor Lahoo, alerté par ses hommes sur le fait que les migrants suffoquaient et criaient pour qu'on leur donne de l'air, avait interdit que soit entrouvert le compartiment frigorifique. L'onde de choc provoquée par le drame avait favorisé l'ouverture momentanée des frontières aux centaines de milliers de migrants désireux de rejoindre l'ouest de l'Europe, au début de la grande vague migratoire de 2015-2016.