Californie : scandale après la condamnation trop clémente d'un étudiant violeur

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Californie : scandale après la condamnation trop clémente d'un étudiant violeur
@ JUSTIN SULLIVAN / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP
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Brock Turner, 20 ans, a écopé de six mois de prison ferme pour le viol d’une étudiante de Stanford. Le juge voulait limiter l'impact de la sentence sur la vie future de l'agresseur.

Il risquait 14 ans d’emprisonnement, le juge l’a condamné à six mois ferme. Depuis quelques jours une polémique enfle outre-Atlantique après que le juge de Santa Clara, en Californie, a condamné, jeudi dernier, un étudiant, accusé de viol, à une peine de prison jugée trop légère par sa victime et de nombreux Américains.

"J’avais des épines de pins partout dans les cheveux"

Les faits remontent à janvier 2015. Une jeune femme de 23 ans (qui a tenu à rester anonyme) accompagne sa petite soeur à une soirée d’une fraternité sur le campus de la prestigieuse université de Stanford en Californie. "Je savais qu’il n’y aurait que des petits jeunes, je me suis même moquée de ma sœur en disant que tous les garçons auraient un appareil dentaire", raconte la victime dans une longue déclaration lue lors du procès, jeudi dernier.

Mais de cette soirée, la jeune femme ne se rappelle rien. Le lendemain, elle se réveille dans une chambre d’hôpital à San José, où des infirmières lui expliquent qu’elle a été agressée sexuellement. "Mes vêtements étaient déchirés. J’avais des épines de pins partout dans les cheveux", explique-t-elle au jury.  S’en suit une série d’examens médicaux invasifs que la jeune femme dit ne jamais pouvoir oublier.

La victime sera retrouvée sur le sol, recroquevillée sur elle-même

Rapidement, son agresseur est identifié. Il s’appelle Brock Turner et est lui aussi étudiant à Stanford. Le jeune homme, âgé de 20 ans, a pris la fuite après avoir été surpris par d’autres étudiants de la soirée. La victime, elle, sera retrouvée sur le sol, recroquevillée sur elle-même, derrière une benne à ordures.

Un an après l’agression, Brock Turner est reconnu coupable de trois chefs d'accusation : agression avec intention de commettre un crime sur une personne en état d'ébriété/inconsciente, pénétration d'une personne en état d'ébriété et pénétration d'une personne inconsciente. Il risque jusqu’à 14 ans de prison. Pourtant lors du délibéré, début juin, le juge californien, Aaron Persky,  décide de le condamner à six mois ferme.

Une punition trop "dure" pour "20 minutes d'action sur une vie de 20 ans
Le père de l'agrsseur

Face à l’indignation de la victime et de sa famille, le magistrat explique qu'un emprisonnement plus long de Brock Turner, champion de son équipe universitaire de natation, aurait eu "un impact profond" sur lui, alors qu'il avait fait preuve de "remords sincères". Le jeune homme a été renvoyé de l'université.

Les déclarations du juge provoquent aussitôt un tollé aux Etats-Unis, où les viols sur les campus sont un fléau que les autorités ne parviennent pas à endiguer. De plus, le père de Brock Turner déclare dans la foulée que la prison ferme est une punition trop "dure" pour "20 minutes d'action sur une vie de 20 ans", ajoutant que son fils ne sera "jamais plus cette personne toujours joyeuse". La phrase de trop.

Une enseignante en droit de Stanford, Michele Landis Dauber, se saisit aussitôt du dossier et lance une pétition en ligne, puis un site internet, pour demander la révision du jugement. Mardi, 45.000 personnes avaient apposé leur signature en ligne.

Aux Etats-Unis, les viols sur les campus touchent une femme sur six au cours de leur première année universitaire.