Brésil : Battisti libéré en vue d'une éventuelle expulsion

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Brésil : Battisti libéré en vue d'une éventuelle expulsion
@ AFP / ANTONIO SCORZA
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L'écrivain italien et ancien militant d'extrême gauche, Cesare Battisti, avait été condamné pour des assassinats dans les années 70 par la justice de son pays

L'info. Il avait été condamné pour des assassinats dans les années 70 par la justice de son pays. L'écrivain italien et ancien militant d'extrême gauche Cesare Battisti a été libéré vendredi matin, après avoir été arrêté jeudi par la police fédérale du Brésil, en vue de son expulsion ordonnée par un tribunal brésilien. Cesare Battisti a été arrêté à Embu das Artes, une ville de l'Etat de Sao Paulo. Mais il a été ramené à son domicile et "va dormir avec sa famille. Nous avons obtenu un habeas corpus" de la part d'un tribunal de Brasilia, a précisé Igor Sant'Anna Tamasauskas, l'avocat de Battisti. "Il est libre comme n'importe quel citoyen, et nous allons présenter un recours devant le tribunal régional fédéral" de Brasilia qui lui a accordé l'habeas corpus, a-t-il précisé. 

"En situation irrégulière au Brésil". Une juge fédérale avait ordonné le 3 mars dernier l'expulsion de l'ancien militant, sentence qui avait remis en question une décision de la Cour suprême. Il s'agit "d'un étranger en situation irrégulière au Brésil et qui, en tant que criminel condamné dans son pays pour meurtre, n'a pas le droit de rester" au Brésil, avait statué la juge Adverci Mendes de Abreu. La défense de Cesare Battisti avait annoncé son intention de faire appel de cette décision. La juge soulignait que Cesare Battisti devait être expulsé au Mexique ou en France, pays où il s'est rendu après voir fui l'Italie et avant de se réfugier au Brésil en 2004. Selon elle, cette décision n'est pas contradictoire avec celle de la Cour suprême ni celle de l'ancien président Luiz Inacio Lula da Silva de ne pas expulser Cesare Battisti, étant donné "qu'il n'est pas nécessaire de livrer l'étranger à son pays de nationalité".

Lula avait refusé son extradition. Cesare Battisti, 60 ans, est réclamé par l'Italie après avoir été condamné en 1993 par contumace à la réclusion à perpétuité pour quatre meurtres et complicité de meurtres à la fin des années 1970, crimes dont il se dit innocent. Il a toujours dit à ses avocats "n'avoir aucune intention de quitter le Brésil", où il a vécu dans la clandestinité de 2004 à 2007, date de son arrestation à Rio de Janeiro. Il avait commencé à y refaire sa vie, après 30 ans de fuite au Mexique et en France où il est devenu auteur de romans policiers. Incarcéré pendant quatre ans près de Brasilia, Cesare Battisti avait été libéré le 9 juin 2011, quelques heures après le rejet par la Cour suprême d'une demande d'extradition de l'Italie, provoquant la colère de Rome. Les juges ont estimé que l'Italie ne pouvait contester la décision "souveraine" de l'ex-président Lula qui, au dernier jour de son mandat le 31 décembre 2010, avait refusé de l'extrader vers l'Italie. En représailles, l'Italie avait rappelé son ambassadeur à Brasilia. Le 22 juin 2011, le Conseil national de l'immigration lui avait accordé un permis de résidence permanente dans le pays.

30 ans de rebondissements. C'est en 1979 que Cesare Battisti est arrêté à Milan dans le cadre de l'enquête sur le meurtre d'un bijoutier. Militant du groupuscule d'extrême-gauche Prolétaires armés pour le communisme, il est condamné en mai 1981 à 12 ans et dis mois de prison pour "participation à bande armée" et "recel d'armes". Il s'évade dès le mois d'octobre pour gagner la France, puis le Mexique. Il finit par revenir en France, profitant de la "doctrine Mitterand" qui consiste à ne pas extrader les anciens activistes d'extrême-gauche qui ont rejeté leur passé. 

Ce passé cependant le rattrape. En 1991, l'Italie demande son extradition. En vain. En 1993, il y est condamné par contumace à la prison à perpétuité pour quatre homicides "aggravés" commis en 1978 et 1979 : un policier, un gardien de prison, un militant d'extrême-droite et également pour complicité dans l'assassinat du bijoutier. Ce n'est qu'en 2004 que la Cour d'appel de Paris déclare être en faveur de l'extradition de l'ex-activiste devenu écrivain. Battisti se pourvoit en cassation mais prend la fuite quelques mois après. Ce n'est qu'en 2007 que la police brésilienne, aidée par la police française lui met la main dessus à Rio de Janeiro où il vivait en fugitif.

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