Brésil : l'armée à l'offensive dans une favela

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Brésil : l'armée à l'offensive dans une favela
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A deux mois et demi de la Coupe du monde de foot, la police et l'armée veulent "pacifier" les favelas de Rio. Quitte à utiliser les grands moyens.

L'info. A 74 jours de la Coupe du monde de football, les autorités brésiliennes s'activent pour sécuriser Rio de Janeiro. La police de la ville et l'armée brésilienne ont pénétré dimanche à l'aube dans l'immense ensemble de favelas de Maré, près de l'aéroport international, pour procéder à son occupation et sa "pacification". Fief du trafic de drogue et considéré comme l'un des endroits les plus dangereux de Rio, le Complexe de Maré est situé dans un endroit stratégique de la ville par où transiteront des dizaines de milliers de supporters pendant le Mondial.

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Blindés et hélicoptères mobilisés. L'occupation de ce fief du trafic de drogue peuplé de 130.000 habitants a nécessité la mobilisation de 1.180 policiers militaires de diverses unités, appuyés par 15 blindés, 132 policiers civils et quatre hélicoptères, a précisé le secrétariat à la Sécurité de l'Etat de Rio. Ces troupes sont entrées par l'avenue Brasil dans cet ensemble de 16 favelas situé à quelques kilomètres de l'aéroport international de Rio. Les policiers avaient parfois les armes braquées vers les toits ou des ruelles vides. A l'entrée de Maré, il y avait quelques bars ouverts et des habitants moitié indifférents.

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Une opération aussi médiatique. Cette occupation s'inscrit dans le processus dit de "pacification" enclenché en 2008, avec l'installation de 38 Unités de police pacificatrice (UPP) dans 174 favelas, afin d'en chasser les trafiquants de drogue. De nombreux journalistes étaient présents à cette opération d'envergure annoncée depuis une semaine et initiée par des opérations policières en amont.

Certains y voient le baroud d'honneur du gouverneur de Rio, Sergio Cabral, qui devait démissionner lundi pour se consacrer à la campagne des élections sénatoriales d'octobre. Très impopulaire, il a dans son bilan la "pacification", processus qu'il a lancé en 2008, avec l'installation depuis lors de 38 Unités de la police pacificatrice (UPP) dans 174 favelas, visant à en chasser les trafiquants de drogue qui y régnaient.

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