Breivik voulait tuer "tout le gouvernement"

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Breivik voulait tuer "tout le gouvernement"
Le quatrième jour du procès d'Anders Breivik.@ REUTERS
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Revivez avec Europe1.fr la quatrième journée d'audience du procès d'Oslo.

Quatrième journée d'audience au procès d'Anders Behring Breivik. Moins d'un an après la tuerie, cet homme jugé pour le massacre de 77 personnes l'été dernier en Norvège. Breivik est longuement revenu sur sa préparation et sur le déroulement de l'attentat à Oslo.

15h45 : L'audience est terminée pour la journée. La défense interrogera Breivik vendredi. Breivik rassemble ses notes avant d'être emmené par les policiers.



15h30 : La méditation pour se désensibiliser. Breivik explique au juge avoir eu recours à la méditation, depuis 2006, pour repousser sa peur et ses émotions. Le ministère public lui demande s'il est tout de même capable d'empathie : "tout à fait", répond Breivik. Mais l'accusé explique qu'il s'agit d'un sujet sensible et qu'il est trop fatigué pour en parler aujourd'hui.

15h25 : Les victimes civiles de l'attentat sont des "dommages collatéraux". Breivik assure que l'immeuble qui abrite le gouvernement est la plus importante cible politique en Norvège. "Il n'y a aucun magasin dans le coin, pas de café et pratiquement pas de civils qui passent dans le quartier", explique Breivik. Il dit avoir calculé qu'il tuerait moins de 10% de civils. "Quand l'Otan lâche des bombes en Libye ou ailleurs, elle s'attend à moins de 10% de victimes civiles. C'était aussi mon but", assure-t-il.



15h20 : "Déçu" par l'attentat à la bombe. Breivik raconte qu'il a entendu l'annonce de l'attentat contre le siège du gouvernement à la radio, alors qu'il roulait vers Utoya. Selon lui, c'était "un "échec" car l'immeuble ne s'est pas écroulé. "Au moins 12 morts était le critère minimum pour que je considère la première opération comme un succès", explique Breivik (huit personnes sont mortes dans l'explosion, ndlr). Son but était de tuer tous les membres du gouvernement, dont le Premier ministre.



15h17 : Un brin d'humanité ? "J'ai croisé une femme avec un enfant. Je leur ai dit de s'éloigner du quartier du gouvernement", raconte Breivik.

15h16 : Une voiture était déjà garée à l'emplacement repéré par Breivik. Selon lui, ce changement de dernière minute a atténué les dégâts de la bombe.

15h15 : Breivik raconte le déroulement de la journée du 22 juillet. Il indique avoir enfilé son faux uniforme de policier à l'arrière de son van. "Je suis passé à côté d'une voiture de police qui intervenait sur un accident. J'étais nerveux à l'idée qu'ils reconnaissent le faux uniforme", dit-il.

15h10 : Breivik n'a pensé à rien avant de s'endormir la veille au soir. A la question du juge de savoir quelles étaient ses pensées juste avant de s'endormir, la veille de la tuerie, Breivik répond : "je n'ai pas pensé à grand chose parce que j'étais exténué d'avoir travaillé toute la journée". En se réveillant le 22 au matin, "je me suis dit, aujourd'hui je vais mourir", assure encore Breivik.

15h05 : Une affichette de pressing sur sa camionnette. Anders Breivik explique que pour ne pas alerter les passants sur la forte odeur qui se dégageait de sa camionnette - à cause de la bombe -, il avait apposé sur la vitre une enseigne de pressing. La camionnette était garée à quelques rues de chez sa mère chez qui il a passé la nuit.

15h05 : Facebook pour lutter contre l'omniprésence de Breivik. Un groupe vient de se créer pour boycotter les quotidiens norvégiens qui ont une photo de Breivik à la "Une", rapporte Olivier Truc, journaliste au Monde. 



15h00 : Breivik a pris des anabolisants. Il explique avoir suivi un traitement à la testostérone dès le mois d'avril pour être capable de transporter toutes les armes et les munitions le 22 juillet.

14h50 : Des armes biologiques ? Breivik assure avoir acheté des "armes biologiques" pour attaquer le parti travailliste norvégien. Mais il aurait ensuite abandonné l'idée n'ayant pas de certitudes sur leur fiabilité. 

14h40 : Un nouvel "admirateur". Selon le correspondant du Monde, Olivier Truc, la presse norvégienne rapporte que la police a stoppé un néo-nazi norvégien qui tentait d'entrer au tribunal jeudi. 

14h30 : Les Norvégiens n'ont pas oublié. Certains ont profité de cette 4e journée de procès pour se rendre sur le mémorial des victimes de Breivik, à proximité de la cathédrale d'Oslo. 

mémorial breivik 930

© Reuters


14h20 : Le Tweet du Premier ministre. Le chef du gouvernement social-démocrate suédois, Jens Stoltenberg a tenu à réconforter les familles des victimes. "Je pense à vous qui souffrez en ce moment", a-t-il déclaré cet après-midi sur Twitter.



14h10 : Les pleurs à l'audience. Les révélations de Breivik sont difficilement soutenables. Les personnes présentes à l'audience ont du mal à contenir leur émotion, rapporte un journaliste sur place.



14h00 : Un détour par Prague. En ce début d'après-midi, Breivik fait part au tribunal de ses difficultés à mener une attaque à la bombe. "L’Europe et la Norvège rendent compliqués l'acquisition des produits pour la fabriquer, a-t-il déclaré. Du coup, il envisageait d'aller à Prague pour acheter des armes, des grenades et un lance-flammes. 

 13h40 : Il voulait tuer tout le monde. Breivik a révélé jeudi que son objectif était de tuer tous les jeunes travaillistes réunis sur l'île d'Utoya, en utilisant les eaux du lac comme "arme de destruction massive". Breivik raconte qu'il a pris du retard sur le plan qu'il avait préparé. Il devait faire exploser la bombe à Oslo à 10 heures et se trouver sur l'île d'Utoya à 11 heures pour tuer Gro Harlem Brundtland, une ancienne ministre, qui prononçait un discours au rassemblement des jeunes travaillistes. "J'avais aussi un couteau. Le plan était de décapiter Brundtland pendant que je lisais un texte. Et poster la vidéo sur Internet", raconte Breivik.

Il comptait ensuite tirer des coups de feu pour obliger les participants du camp d'été à se jeter à l'eau et à se noyer. "Utoya était la cible politique la plus attractive à ce moment-là", en pleine période de vacances estivales, a-t-il déclaré. "J'assume Utoya. J'assume ce que j'ai fait. Je le referais", a-t-il dit.

Son plan, dit-il, était de tuer toutes les personnes "au dessus de 18 ans" mais qu'il était "difficile" de voir leurs visages. " Je ne suis pas un meurtrier d'enfants", a-t-il déclaré. "J'estime que tous les militants politiques qui choisissent de lutter pour le multiculturalisme et ont un mandat dans de telles organisations sont des cibles légitimes", a-t-il affirmé.



13h35 : Il "étudie" Oklahoma city. Le 19 avril 1995, Timothy Mc Veigh, 26 ans, une jeune blanc proche des milieux néo-nazis, avait fait sauter une camionnette remplie d'explosifs au pied d'un grand immeuble de l'administration fédéral à Oklahoma city. 168 personnes avait été tuées dont 19 enfants et 500 autres blessées. Breivik, en prévision de ses attaques, a déclaré avoir "étudié" cet attentat meurtrier commis sur le sol américain. 



13h30 : Reprise de l'audience.

13h20 : Pourquoi Breivik n'a-t-il pas commis ce projet de triple attentat ? Il a renoncé à ce plan en juin 2011, quelques semaines seulement avant de passer à l'acte: "c'était beaucoup plus difficile que je ne le pensais de faire une bombe", a-t-il expliqué, évoquant aussi l'amenuisement de ses moyens financiers.

12h30 : L'audience a été suspendue pour la pause déjeuner.

11h46 : Breivik a planifié 3 attentats à la bombe suivis d'une fusillade. "Le plan, c'était trois voitures piégées suivies d'une fusillade", a déclaré Breivik.Interrogé par l'accusation, Breivik a expliqué qu'il comptait placer deux bombes d'une tonne chacune, l'une dans le quartier des ministères et l'autre près du siège du parti travailliste. Il envisageait aussi de déposer une bombe de 500 kg près d'une troisième cible "très incertaine", évoquant une tour abritant le journal norvégien Aftenposten, le Parlement, l'Hôtel de ville d'Oslo ou encore le Palais royal. Dans les faits, il n'a réalisé "qu'une" attaque à l'explosif, devant les bureaux du Premier ministre travailliste, avant de commettre un massacre sur l'île d'Utoya.

S'il avait survécu à ces attaques, ce qu'il jugeait très improbable, il comptait aussi perpétrer une fusillade contre les occupants d'un squat célèbre d'Oslo -Blitz-, le journal Dagsavisen et le parti de la Gauche socialiste, dont les bâtiments sont géographiquement proches.



11h30 : Des stickers à l'entrée. Certains participants au procès ou plaignants arboraient sur leur manteau des stickers avec la mention "pas d'interviews SVP".

stickers breivik 930

© Reuters

11h10 : "Pas la faute des musulmans". Avant 2001, Breivik pensait que ses attaques devaient cibler les musulmans. Mais après 2001, il choisit de s'en prendre aux élites politiques. "Ce n'est pas de la faute des musulmans si ils ont été invités ici", a-t-il déclaré, critiquant ainsi la politique d'immigration de l'Europe. 

11h00 : Une référence historique. Le titre de son manifeste "2083" renvoie à la bataille de 1683 qui met fin au siège de Vienne, la capitale autrichienne, par les Turcs.

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© Reuters

10h50 : 60% de copier-coller. Le procès tourne autour de son engament au sein des Chevaliers Templiers, ce mystique réseau de militants nationalistes. Lors d'une rencontre en 2002 à Londres, Breivik a expliqué s'être vu confier la tâche de rédiger un "compendium" -le manifeste de 1.500 pages qu'il a diffusé juste avant de perpétrer ses attaques le 22 juillet 2011- pour diffuser l'idéologie nationaliste et inciter d'autres militants à l'action. Devant la Cour, il a affirmé que cette réunion lui avait déjà permis de rédiger 50 pages de notes qui ont servi à la rédaction de son manifeste. Mais Breivik admet qu'il a copié-collé les 60% de son manifeste à partir d'autres documents, comme le rapporte un journaliste de Sky News sur place.  



10h40 : Une Allemande empêchée d'entrer au tribunal. On en sait plus sur la sympathisante de Breivik qui a tenté d'entrer au tribunal. Il s'agit d'une citoyenne allemande. Elle a été expulsée de Norvège après avoir tenté de pénétrer dans le palais de justice d'Oslo lors du premier jour du procès. Elle n'aurait pas pu passer les contrôles de sécurité à l'entrée. Après 24 heures en détention, elle a été reconduite à l'aéroport mardi et renvoyée en Allemagne, a indiqué un officier de police à la chaîne de télévision TV2.

La personne en question, interviewée par TV2 alors qu'elle faisait la queue devant le palais de justice lundi -sans badge d'accréditation-, a indiqué avoir promis à Breivik d'assister à son procès pendant deux semaines. Interrogée par la chaîne pour savoir si elle avait échangé des lettres avec l'accusé, elle avait confirmé en hochant la tête. Elle a indiqué à TV2 être arrivée à Oslo la veille (dimanche) et être de Stuttgart. "Il a été dit qu'elle avait affirmé être la petite amie mais nous ne pouvons pas spéculer sur ce point. Nous n'avons aucune information laissant penser qu'elle est bien sa petite amie", a insisté l'officier de police.

10h25 : Ne pas mettre "en danger" d'autres personnes. Lorsque la justice souhaite que Breivik s'explique sur son manifeste, il refuse "pour ne pas mettre en danger certaines personnes" et précise qu'il s'agit du "fondement pour une idéologie d'extrême droite". 

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10h10 : Son club de tir. Selon les juges, Breivik s'est rendu 25 fois à son club de tir entre juillet 2010 et le 4 mars 2011 afin d'obtenir son permis. Ajouté à sa pratique de Call of Duty, Breivik dit avoir reçu une formation "top niveau" pour apprendre à tirer. "Même votre grand-mère, si elle l'avait suivi, serait devenu tireur d'élite", affirme l'accusé. Une passion pour les armes qui allait même encore plus loin, relate un journaliste du Monde Diplomatique. 



10h : Une "supportrice" expulsée. Une admiratrice de Breivik aurait été expulsée de Norvège, rapporte le tabloïd norvégien VG. 



9h50 : L'année World of warcraft. Une nouvelle fois, le débat tourne autour du jeu vidéo WOW auquel s'adonnait Breivik de façon intense. Il décrit "son année sabbatique" passée à jouer. "Ce n'est pas violent du tout. C'est juste de l'amusement. C'est un jeu de stratégie", a-t-il déclaré. J'y ai joué au moins 16 heures par jour. Je jouais, je dormais. J'étais dans un rêve. Certains aiment le golf ou la voile, moi j'aimais WOW. Mais ça n'a aucun lien avec les événements du 22 juillet", a-t-il ajouté. Il jouait également à Call of Duty : Modern Warfare, un jeu de tir. "Je n'avais pas un goût très prononcé pour ce jeu (...) mais c'est bien pour s'entraîner", a-t-il dit.



9h40 : L'argent des Bahamas. Breivik affirme qu'en 2006, il avait deux coffres-forts dans la chambre de la maison de sa mère à Oslo où il conservait 300.000 couronnes (plus de 40.000 euros). Il a créé une entreprise pour pour dit-il, "blanchir de l'argent au Bahamas". Il souhaitait que cette somme soit mise au service de la rédaction de son manifeste ainsi qu'à "son plan d'action".

9h30 : Breivik, le franc-maçon. La procureure souhaite évoquer le passé de Breivik. Notamment l'année 1996 où le tueur d'Oslo a commencé à fréquenter une loge maçonnique. "Je voulais être franc maçon depuis l'âge de 17 ou 18 ans car c'est une organisation chrétienne qui a protégé beaucoup de traditions européennes", tout en précisant qu'il s'agissait surtout d'un "hobby".

9h25 : Breivik veut parler de sa "radicalité". "C'est ce à quoi il faut prêter le plus attention plutôt qu'aux uniformes et aux jeux vidéo", a-t-il déclaré selon une journaliste du quotidien anglais, The Guardian.



9h20 : L'attentat d'Oslo. Aujourd'hui, Anders Breivik va notamment devoir s'expliquer sur les événements du 22 juillet lorsqu'il a posé une bombe près d'un bâtiment du gouvernement norvégien, tuant 8 personnes.

9h15 : Les journaux norvégiens reviennent très largement sur l'affaire Breivik.

Norvège journaux

© Reuters

9h08 : Un rappel à l’ordre de la juge. Jeudi, Breivik s'est entretenu quelques instants avec les membres de sa défense avant de rejoindre sa place. Une fois ses menottes retirées, Breivik est resté debout, s'attirant un rappel à l'ordre de la juge lui demandant de s'asseoir, puis a pris sa place sous les objectifs des caméras.

9h06 : Pas de salut extrémiste. Anders Behring Breivik s'est abstenu de faire son salut extrémiste jeudi lors de la quatrième journée d'audience de son procès. Mercredi, son avocat Geir Lippestad avait annoncé qu'il demanderait à son client de renoncer à ce geste -bras droit tendu, poing fermé- jugé provocateur par les familles des victimes et les survivants.

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