Breivik : "je referais la même chose"

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Breivik : "je referais la même chose"
Lundi, selon le calendrier initial, Breivik devait aussi aborder la question centrale de sa santé mentale.@ Reuters
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 Revivez la sixième journée du procès d'Anders Breivik, jugé pour la mort de 77 personnes à Oslo.

Anders Behring Breivik jugé pour la mort de 77 personnes en Norvège l'an dernier, a regagné le box des témoins lundi pour continuer ses explications sur la tuerie d'Utoya où 69 personnes, essentiellement des jeunes, ont péri le 22 juillet 2011. Pour la sixième journée de son procès, Breivik devait répondre aux questions de l'accusation sur le massacre. Lundi, selon le calendrier initial, Breivik devait aussi aborder la question centrale de sa santé mentale mais, en raison du retard pris par la procédure, le procureur Svein Holden a demandé à ce que ce thème soit différé à mercredi.

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15h40. L'audience est terminée. Le procureur a affirmé que l'interrogatoire de Breivik, qui devait se terminer lundi, se poursuivra car la cour n'a pas eu le temps de poser toutes les questions qu'elle souhaite. Avant de clôturer cette journée, la commission médico-légale a émis un avis critique sur le dernier rapport psychiatrique qui concluait que Breivik était sain d'esprit. Elle demande un rapport complémentaire qui prenne en compte sa jeunesse.

15h30 : "Je referai la même chose". Breivik a réaffirmé que son plan était de "faire sauter 3 voitures dans l'année. Utoya n'était pas un objectif du tout". Énervé de devoir à nouveau se justifier, Breivik lance : "de toutes façons, les choses sont comme elles sont. Je referai exactement la même chose aujourd'hui". 

15h20. La haine. La cour cherche à comprendre d'où vient la haine de Breivik. "Je ne hais personne. Une personne qui hait quelqu'un n'est pas capable de pardonner. Je veux pouvoir pardonner si les gens reviennent dans le droit chemin. Beaucoup de militants nationalistes sont tellement en colère qu'ils ne peuvent pas pardonner", a-t-il expliqué lors de l'audience.

15h10 : Des rires ? Certains plaignants ont témoigné avoir entendu Breivik rire aux éclats en abattant certaines victimes. Il réfute. "C'était une expérience traumatisante, pourquoi aurais-je ri ?", s'est défendu le tueur d'Oslo.

15h : Les bateaux visés. Lors du massacre, Breivik a également pris pour cible les bateaux autour de l'île qui tentaient de secourir les jeunes travaillistes d'Utoya. "J'ai bien vu que beaucoup de bateaux essayaient de sauver les jeunes dans l'eau. Je leur ai tirés dessus. Il fallait à tout prix les empêcher de saboter la mission", a-t-il expliqué.

14h45 : Des fleurs. Des bouquets en hommage aux victimes garnissent l'entrée du tribunal d'Oslo. Une télévision norvégienne filme en direct l'extérieur de la salle d'audience (cliquez-ici).

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14h35 : Breivik et la cour ont fait une pause. Un des journalistes a remarqué que, lors des pauses, Breivik est menotté et attaché via un anneau de métal à sa ceinture.



14h20 : "Je m'en excuse". La cour cherche à savoir si Breivik a des regrets. Les juges lui demandent s'il ressent quelque chose après avoir tué la réceptionniste du ministère lors de l'explosion de la bombe. Breivik garde la même attitude et ne veut toujours pas laisser transparaitre ses émotions : "pas besoin d'être très intelligent pour savoir qu'un ministère est une cible pour un terroriste. Elle a choisi d'y travailler", a-t-il déclaré. "Mais si on me dit qu'il y avait des civils innocents, alors oui, je m'en excuse", a-t-il ajouté.

14h10 : Breivik a choisi ses victimes. Breivik assure avoir visé ceux "qui avaient l'air de gauche" et dit avoir épargné au passage, un jeune homme qui lui avait paru "de droite". Il assure également avoir voulu épargner "les jeunes"."Il faut voir les traits du visage. J'étais sur pilote automatique. Dans cette situation, c'est impossible", a-t-il déclaré. Quant à ceux qui ont tenté de fuir, le tueur d'Oslo a déclaré froidement : "je me suis dit qu'il était peu probable que ceux qui s'étaient jetés à l'eau survivent effrayés à une nage de plus de 600 mètres".



Lorsque la cour lui demande quel était son objectif, il répond : "tuer le plus de monde possible".

14h : L'uniforme est de "droite". Pour Breivik, l'uniforme est de "droite, c'est historique" et c'est pour cela qu'il souhaitait le revêtir lors de son procès.

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13h55. Le cours d'histoire de Breivik. Breivik a détaillé les raisons de son appartenance à l'organisation des Chevaliers de l'ordre des Templiers. "Ils ont commencé par envahir les pays chrétiens du Moyen-Orient, par exemple, l'Egypte. Ils ont gardé les territoires pendant des siècles et en ont conquis davantage. C'est alors que le pape a pris l'initiative d'organiser les croisades. En lien, s'est constitué un ordre militaire, avec des chevaliers pour protéger les intérêts des chrétiens d'Orient", a-t-il expliqué avant de s'en prendre à la justice : "si j'avais été un djihadiste barbu, je n'aurais jamais pu avoir un rapport psychiatrique. Mais comme je suis militant nationaliste, on dit que je suis raciste. En fait on tente de délégitimer tout ce que je fais".

13h50 : Les "références" du tueur. Breivik a exprimé son admiration pour Al-Qaïda, "une organisation qui a le plus de succès" et "nous, nationalistes, nous avons beaucoup à apprendre d'eux" ainsi qu'aux Frères musulmans.

13h40 : Breivik aux archives. Tout le procès est filmé. Les enregistrements seront ensuite transmis aux archives nationales, comme l'explique un journaliste présent au procès.



13h30 : Un iPod. Breivik voulait écouter de la musique sur son iPod pendant le massacre mais il s'inquiétait de ne pas entendre "les assaillants".



13h20 : 190 personnes à l'audience. En ce début d'après-midi, la moitié sont des plaignants ou victimes, l'autre moitié sont des journalistes.

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13h10 : La "crise" selon Breivik. L'avocat comme par interroger Breivik : "la dissolution du Parlement (une de ses revendications) était un objectif réaliste ?" "Non", répond le tueur d'Oslo mais "je l'ai toujours dit, c'était une pure formalité", a-t-il ajouté. "Il ne faut pas oublier que nous nous battons pour un objectif global qui est de s'emparer du pouvoir à l'avenir", précise-t-il. Selon lui, "la crise" actuelle va permettre l'arrivée du pouvoir de nationalistes.

13h : Reprise de l'audience. Breivik entre dans la salle 250 du tribunal d'Oslo.

12h : L'audience est suspendue pour la pause déjeuner.

11h55 : Breivik défend son "œuvre". Le ton monte dans la salle. Les procureurs extraient des passages "ridicules" de son manifeste, ce qui provoque la colère de Breivik qui les accuse de sortir les phrases de leur contexte. "Vous êtes tombés bien bas. Le manifeste est bien plus sérieux", a-t-il affirmé.



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11h45 : La Norvège selon Breivik. Le tueur d'Oslo a dressé une liste de revendications politiques : la dissolution du Parlement, un nouveau gouvernement de "nationalistes" dirigé par Breivik lui-même, la mise en place d'une loi martiale, ainsi que 20 heures de diffusion de ses revendications en "prime" à la télévision norvégienne. "Ces revendications sont irréalistes mais il est fort possible que cela se produise à l'avenir", a-t-il déclaré. 

11h40 : "Une mission suicide". Breivik donne des détails sur le "sens" de son geste. "Le 22 juillet n'est qu'une contribution à la lutte anti-islam. Rien de plus. L'amour de mon peuple, de mon pays, de ma culture prévaut sur l'amour que j'ai de moi-même", affirme Breivik. Puis la cour l'interroge sur les raisons qui l'ont poussé à tirer même après avoir appelé la police. "J'étais sûr à 95% d'être abattu. Pour moi le 22 juillet était une mission suicide", a-t-il ajouté.

11h30 : "Une assiette d'excréments". La cour l'interroge sur la difficulté, qu'il avait déjà exprimé, de tuer la première personne. "C'est comme quand on vous présente une assiette d'excréments : vous n'avez pas envie d'en manger", a affirmé Breivik qui poursuit ses explications sur un ton provocateur.

11h20 : Che Guevara et Fidel Castro. Breivik essaye de légitimer ses actes auprès de la cour. "Quand il s'agit de défendre notre légitimité, nous sommes aussi crédibles que Che Guevara et Fidel Castro", a-t-il déclaré, avant d'ajouter : "le problème est qu'on considère qu'un révolutionnaire qui échoue est un criminel, celui qui réussi est un homme d'Etat", a martelé le tueur d'Oslo qui dit se considérer comme "un fantassin".



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11h10 : "Un assassinat politique". Breivik aurait également projeté d'assassiner Eskil Pedersen, le leader des jeunes travaillistes norvégiens. "C'était un objectif secondaire pour n'importe quel jour", a-t-il déclaré. Il dit avoir prévu de le décapiter, en le filmant, s'il avait eu le temps. "Ça aurait été un assassinat politique, rien de plus", a-t-il ajouté.

11h05 : D'autres exécutions. Breivik voulait également "exécuter", la journaliste norvégienne Marte Michelet, la compagne d'Ali Esbati, journaliste suédois et ancien dirigeant de l'association pour la jeunesse de la gauche suédoise, qui est également rescapé d'Utoya. Il y a quelques jours, Courrier International relayait son témoignage.

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10h55 : La décapitation est une "arme puissante". Jeudi, Breivik avait affirmé qu'il avait l'intention d'enlever puis de décapiter l'ancien Premier ministre norvégien, Gro Harlem Brundtland lors de la tuerie d'Utoya. Aujourd'hui, il a de nouveau évoqué ses plans concernant celle qui est également l'ancienne directrice générale de l'organisation mondiale de la santé. "Je suis le commandant en chef. Brundtland a commis des crimes. La décapitation doit être utilisée dans cette guerre psychologique. C'est une arme puissante", a déclaré Breivik.

10h45 : Ce qu'il hait. Breivik affirme qu'il déteste trois idéologies : "l'islam", "le communisme" et le "nazisme", rapporte Olivier Truc, correspondant du Monde. 



10h40 : Encore beaucoup de monde à l'ouverture de cette 6e journée :

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10h30 : La paranoïa de Breivik. A la suite des actes qu'il a commis, Breivik assure avoir pensé que le gouvernement norvégien allait mettre en place "une loi martiale" et que sa famille et ses amis "seraient lynchés".

10h20 : Un petit avion. Breivik affirme devant la cour qu'il pensait être abattu par la police sur l'île d'Utoya. Selon lui, les travaillistes ont demandé aux forces de l'ordre de le tuer d'une balle dans la tête. Il ajoute qu'il a appris à piloter de petits avions pour pouvoir fuir. Lorsque le procureur lui demande s'il sait piloter, Breivik répond qu'il a vu "des vidéos sur Youtube".



10h15 : Le petit garçon de l'île. Breivik raconte comment il a épargné un petit garçon qu'il a croisé sur Utoya. "J'ai dit à l'enfant de ne pas s'inquiéter, que tout ira bien. Mais je sais que j'ai détruit sa vie. Il est en état de choc", rapporte un journaliste présent au procès.  



10h10 : "Atroce" mais "nécessaire". Le massacre des jeunes travaillistes et des employés des ministères était "atroce mais nécessaire", a-t-il répété, affirmant que 44 des personnes qu'il a abattues sur Utoya avaient des responsabilités au sein de la Jeunesse travailliste et que le camp d'été était un "camp d'endoctrinement politique".

10h : "Mes profondes excuses". Breivik a présenté des excuses pour ses victimes sans appartenance politique. Mais il a refusé d'en faire de même pour les proches des adolescents tués sur l'île d'Utoya. "J'aimerais leur présenter mes profondes excuses", a-t-il déclaré, en s'adressant aux familles des passants tués ou blessés par l'explosion de la bombe qu'il avait placée de le 22 juillet 2011 près du siège du gouvernement norvégien.

9h40 : Que s'est-t-il passé vendredi ? Il a déjà longuement détaillé, d'une voix effroyablement calme et détachée, comment il avait fait feu pendant 75 minutes sur les jeunes travaillistes, certains paralysés par la peur, achevant la plupart d'entre eux d'une balle dans la tête. Selon lui, les adolescents étaient des "cibles légitimes" car ils étaient membres d'une organisation politique coupable, à ses yeux, d'exposer la société norvégienne au multiculturalisme et à l'islam.

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9h30 : Ouverture de son procès.

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