BMW solde son passé nazi

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BMW solde son passé nazi
Stefan Quandt, héritier du groupe BMW, défend la mémoire de son père et de son grand-père.@ REUTERS
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Les héritiers de l'entreprise veulent tirer un trait sur les relations de leurs ancêtres avec le IIIème Reich.

Pas "victime des nazis" mais pas "collaborateur" non plus. Les héritiers de la famille Quandt, à la tête de plusieurs entreprises allemandes dont BMW, ont décidé d'enquêter et de révéler la vérité sur le passé de leur grand-père, Günther Quandt. Pour enfin tourner la page.

Des travailleurs forcés dans les usines familiales

Chez les Quandt, le trouble est venu d'un documentaire sur Günther, le fondateur de la dynastie. Les héritiers ont alors ouvert leurs archives familiales à un historien, chargé de démêler le vrai du faux. Au cours de son enquête, Joachim Scholtyseck a mis au jour que Günther Quandt avait employé dans ses usines plus de 50.000 travailleurs forcés - prisonniers de guerre et des camps de concentration - pour fabriquer des armes et des batteries, dans des conditions de sécurité effroyables, au service du régime nazi.

L'historien a également découvert que Günther Quandt avait profité de la politique d'"aryanisation" pour étendre son empire en reprenant des entreprises qui appartenaient à des juifs.

"Notre grand-père n'était pas un antisémite. Pas un nazi convaincu. Pas un va-t-en-guerre", se défend Stefan Quandt, l'un de ses petits-fils, dans une interview au quotidien Die Zeit.

"Il a profité des possibilités que le système offrait"

Pour son héritier, Günther Quandt ne faisait pas partie du "régime nazi" mais du "système nazi". "J'associe le mot 'régime' à une direction politique, à laquelle il n'appartenait pas. Il a simplement profité des possibilités que le système offrait aux industriels, mais dont il n'a jamais suivi les buts idéologiques", justifie-t-il.

Le père de Stefan Quandt, Herbert, aurait lui aussi utilisé des travailleurs forcés dans une de ses usines à Strasbourg et même chapeauté la construction d'un baraquement pour des prisonniers de camps de concentration à Sagan, dans l'actuelle Pologne, a pu établir Joachim Scholtyseck.

Un travail historique qui permet aujourd'hui aux héritiers de solder le passé. Les Quandt ont annoncé qu'ils allaient soutenir un centre de documentation sur le travail forcé et financer la rénovation de deux baraquements, dans lesquels ces travailleurs étaient installés à Berlin.