Birmanie : mort de Win Tin, figure de la lutte pour la démocratie

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Birmanie : mort de Win Tin, figure de la lutte pour la démocratie
L'opposant birman Win Tin est mort lundi@ Reuters
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SYMBOLE - Il avait cofondé la Ligue nationale pour la démocratie, avec l'opposante Aung San Suu Kyi.

L'INFO. Il était un proche de l’opposante birmane Aung San Suu Kyi. Win Tin, qui avait cofondé le parti politique de la Ligue nationale pour la démocratie (LND), est décédé lundi à l'âge de 84 ans. L'ancien journaliste, dont l'état de santé s'était détérioré ces dernières semaines, est mort dans un hôpital de Rangoun, a annoncé le porte-parole de la LND. Toute sa vie durant, il n’avait  jamais abandonné sa lutte pour la démocratie malgré 19 années en prison.

"Nous allons continuer à faire ce qu'il avait demandé, et nous suivrons son chemin vers la démocratie" a commenté son assistant, Yar Zar, soulignant que Win Tin avait jusqu'à la fin affirmé son soutien à la chef de l'opposition, Aung San Suu Kyi.

En 1988, au moins 3.000 personnes ont été tuées lors de la répression d'un soulèvement populaire par la junte. L'année suivante, après avoir créé la LND, il est arrêté et passera 19 années emprisonné, devenant le prisonnier politique birman ayant passé le plus de temps derrière les barreaux.

Au lendemain de sa libération en septembre 2008, il raconte les tortures qu'il a subies et ses années en isolement. Il était toujours vêtu en leur hommage d'une chemise bleue, uniforme des détenus.

Birmanie opposant

© Reuters

De journaliste à opposant politique. Quelques années après l'indépendance de la Birmanie, Win Tin commence sa carrière en tant que journaliste, entrant en 1951 au bureau de l'Agence France-Presse à Rangoun. Il y reste trois ans, jusqu'à ce qu'il trouve une opportunité aux Pays-Bas où il s'installera trois ans.

En 1962, le coup d'Etat de Ne Win fait plonger la Birmanie vers la tyrannie. "La raison pour laquelle je suis entré en politique, c'est la pression exercée par les gouvernements militaires", racontait le militant. "Ils faisaient pression sur nous. Ils saisissaient des journaux et des maisons d'édition. Comme j'avais beaucoup de contacts en politique, j'y suis entré", expliquait encore le vieil homme à l'épaisse chevelure blanche et aux larges lunettes.

Le combat continue. Il martelait à qui voulait l'entendre que le pays, malgré les réformes, avait toujours besoin d'une véritable opposition. "Nous ne devons pas oublier que nous sommes dans l'opposition", insistait-il, alors que la chef de l'opposition a pris le parti de collaborer avec ses ennemis d'hier.

Aung San Suu Kyi réclame sans relâche une réforme de la Constitution, qui octroie un pouvoir immense aux militaires et qui l'empêche de devenir présidente.