Battisti : le "cri de douleur" de l’Italie

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Battisti : le "cri de douleur" de l’Italie
Le chef du gouvernement italien a exprimé jeudi "la vive amertume" de l'Italie.@ Reuters
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En Italie, la décision brésilienne de libérer l’ex-activiste, condamné à perpétuité, passe très mal.

Silvio Berlusconi est amer. Le chef du gouvernement italien a exprimé jeudi "la vive amertume" de l'Italie après le refus du Brésil d'extrader l'ex-militant d'extrême gauche italien Cesare Battisti, une décision que Rome entend contester devant la Cour internationale de justice de La Haye.

La décision du Tribunal suprême fédéral brésilien qui a également décrété la libération immédiate de Cesare Battisti "ne tient pas compte de l'attente légitime que justice soit faite en particulier pour les familles des victimes de Battisti", a déploré Silvio Berlusconi, selon un communiqué officiel.

"Une claque aux victimes" du terrorisme

"C’est une claque qu’on donne à toutes les victimes du terrorisme en Italie", a estimé jeudi matin sur Europe1 le député Sandro Gozi. "Encore une fois, l’autorité judiciaire brésilienne a commis une grosse erreur", a-t-il regretté. "Battisti a été condamné à plusieurs reprises par la justice italienne et c’est vraiment une cicatrice qui s’ouvre encore", a poursuivi le député du parti démocrate.

Franco Frattini, le chef de la diplomatie italienne, a également fait part de sa "profonde amertume". Rome a pour objectif "d'obtenir la révision d'une décision que nous ne considérons pas comme cohérente avec les principes généraux du droit et les obligations prévues dans le droit international", a-t-il précisé.

"Le peuple italien se sent humilié"

Et la position des dirigeants italiens semble se confondre avec celle de tous les Italiens, à en croire le journaliste italien Alberto Toscano, invité d'Europe 1 Soir jeudi. Selon lui, "le peuple italien se sent humilié", tout comme "la justice et les institutions" du pays.

Pour lui, cette décision "n'est pas respectueuse d’un verdict prononcé de façon définitive par un tribunal italien". Le journaliste a estimé que la libération de Cesare Battisti "rouvrait la blessure" des Italiens. Ces derniers, d'après Alberto Toscano, se sentent "frustrés" que ne soit pas sanctionnée une époque de "violence extrême", de la part de terroristes "de droite et de gauche", dans les années 1970.