Barcelone : manifestation géante contre la détention d'indépendantistes

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Barcelone : manifestation géante contre la détention d'indépendantistes
La police a comptabilisé quelque 315.000 manifestants. @ JOSEP LAGO / AFP
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Quelque 315.000 personnes sont descendues dans la rue au cri de "liberté pour les prisonniers politiques", selon la police. 

Au cri de "liberté pour les prisonniers politiques", quelques centaines de milliers de Catalans ont manifesté dimanche à Barcelone pour protester contre la détention de neuf figures de l'indépendantisme accusées de "rébellion" et réclamer l'ouverture d'un dialogue politique. La police municipale a comptabilisé "315.000 participants", a indiqué une porte-parole, quand la foule compacte se dispersait sans incidents en début d'après-midi. Six mois après les premières incarcérations, ils ont empli la grande avenue Paralel, résonnant du slogan "nous voulons que vous rentriez à la maison" : un message aux dirigeants indépendantistes en détention provisoire dans la région de Madrid, poursuivis pour "sédition", "détournements de fonds" ou le délit controversé de "rébellion", passible d'un maximum de 30 ans de prison, et qui suppose un "soulèvement violent".

"Pas une manifestation indépendantiste". L'appel à manifester avait été lancé par une plateforme d'associations et syndicats créée en mars pour "défendre les institutions catalanes" et "droits et libertés fondamentales". Le fait que les sections catalanes des deux grands syndicats, Commissions ouvrières et UGT, en fassent partie - aux côtés des associations séparatistes ANC et Omnium - a provoqué de vives protestations parmi leurs membres n'ayant jamais voulu de l'indépendance, dans une région très partagée. "Mais ce n'est pas une manifestation indépendantiste", avait affirmé le secrétaire général de l'UGT régionale, Camil Ros. 

Au second rang de la manifestation apparaissait la maire de gauche de Barcelone, Ada Colau - qui fait régulièrement valoir qu'elle n'est pas indépendantiste - à proximité du président indépendantiste du parlement catalan, Roger Torrent.

Charges pour rébellion. "Puigdemont, président", réclamaient des manifestants, dix jours après la remise en liberté de l'ex-président indépendantiste catalan Carles Puigdemont en Allemagne, où un tribunal a considéré que les charges pour "rébellion" n'étaient pas étayées pour son éventuelle extradition vers l'Espagne. Ce dernier est également accusé de détournement de fonds publics, en lien avec l'organisation du référendum d'autodétermination interdit du 1er octobre. Les anciens présidents d'associations indépendantistes Jordi Sanchez et Jordi Cuixart sont en détention provisoire depuis le 16 octobre. Incarcérés avant la vaine proclamation d'une "République catalane" le 27 octobre, ils sont considérés comme des membres du noyau dur ayant piloté la marche frustrée vers l'indépendance.

Formation d'un gouvernement catalan. Il reste cinq semaines aux indépendantistes pour investir un candidat à la présidence catalane, faute de quoi de nouvelles élections régionales seront organisées en juillet. Dans une lettre envoyée depuis la prison, l'ancien vice-président indépendantiste catalan Oriol Junqueras a appelé son camp à éviter les "gesticulations" et "attitudes jusqu'au-boutistes qui ne mènent nulle part". Il a présenté comme "une nécessité" la formation immédiate d'un gouvernement catalan, pour que la région - sous la tutelle de Madrid - retrouve ses institutions autonomes.