Attentat en Turquie : "Il y a probablement eu un peu de négligences"

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MANQUEMENTS - Le politologue Ahmet Insel, auteur de nombreux ouvrages sur le pays, explique que la Turquie est aujourd'hui "perdue" dans la guerre face aux djihadistes.

INTERVIEW

Mardi, la Turquie a été frappée par un attentat qui a fait dix morts à Istanbul, dont huit touristes allemands. L'auteur a été identifié  par le gouvernement turc comme étant un djihadiste syrien lié à Daech. Invité de la matinale d'Europe 1 mercredi, le politologue Ahmet Insel, auteur de nombreux ouvrages sur le pays, explique que si la Turquie affirme aujourd'hui son opposition à l'Etat islamique (EI), les rapports du gouvernement du président Recep Tayip Erdogan avec l'organisation ont souvent été troubles. 

"Il y a probablement eu un peu de négligences". C'est la première fois que le gouvernement turc désigne aussi rapidement Daech comme coupable : "Lors des précédents attentats, le gouvernement avait d'abord nié systématiquement le fait Daech, préférant attribuer ces attentats à l'organisation indépendantiste kurde (le PKK)", explique Ahmet Insel, indiquant que ce nouvel attentat contre des touristes marque "une escalade". Pour le spécialiste, le président Erdogan entretient des rapports troubles avec les djihadistes. "Je pense qu’aujourd’hui la Turquie ne soutient pas Daech, mais il y a eu quand même certaines compromissions dans le passé et probablement un peu de négligences. Notamment lors de la bataille pour le contrôle de Kobané entre les kurdes et les djihadistes", souligne-t-il. 

Des cellules dormantes turques. Selon Ahmet Insel, la Turquie est aujourd'hui "perdue" dans la guerre face aux djihadistes. "Il y a énormément de cellules dormantes de Daech. Et non pas simplement des étrangers, mais aussi des ressortissants turcs", indique-t-il. L'argent du pétrole de l'Etat islamique entre en Turquie pour y être blanchi : "C'est un réseau de contrebande qui est là depuis longtemps". Enfin, si la Turquie contrôle la majorité des 920 kilomètres qui la séparent de la Syrie, les forces gouvernementales ne sont pas présentes partout. "Sur environ 920 kilomètres, 90 kilomètres du coté syrien sont actuellement contrôlés par Daech", affirme le politologue, qui précise que l'EI ne contrôlait rien du coté turc, "jusqu'à récemment".

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