Armstrong veut "défendre son image"

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Armstrong veut "défendre son image"
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En évitant un procès, le champion déchu vendredi de ses titres peut continuer à se déclarer innocent.

Quelles sont les raisons qui ont poussé Lance Armstrong à renoncer à poursuivre sa bataille judiciaire contre l'Agence américaine antidopage (Usada), entraînant vendredi la perte de ses sept titres de vainqueur du Tour de France ? Pour Patrick Chassé, consultant sportif d’Europe 1, "Lance Armstrong a toujours cherché à nier et à éviter tout procès". Le journaliste juge ainsi qu’en agissant de la sorte, "Lance Armstrong cherche en fait à "défendre sa propre image".

Car, s’il était allé jusqu’au procès, Lance Armstrong aurait vraisemblablement dû réfuter des preuves concrètes. Or, depuis quelques semaines, l’étau se resserrait de plus en plus autour de lui avec des témoignages d’anciens co-équipiers qui affirmaient qu’Armstrong était dopé. "N'est-il pas en train d'agir ainsi pour éviter que toutes les preuves soient étalées sur la place publique ?", s’interroge Patrick Chassé.

Armstrong ne pouvait plus stopper l’enquête de l’USADA

Lance Armstrong a pris sa décision d'abandonner la bataille judiciaire après le rejet du tribunal fédéral d'Austin, au Texas, de son recours contre l'Usada,  qui laisse le champ libre à l'agence antidopage pour poursuivre son enquête contre le cycliste âgé de 40 ans.

Le coureur retraité du cyclisme depuis un an avait en effet porté plainte devant un tribunal fédéral texan pour tenter de stopper l'enquête de l'Usada. Il accusait l'agence anti-dopage américaine de n'être pas compétente pour le poursuivre et demandait un arbitrage en justice, estimant que ses droits constitutionnels avaient été violés. 

Armstrong avec Bruyneel sur le Tour 2005 (930x620)

© REUTERS

De son côté, l'agence antidopage accuse Armstrong d'avoir utilisé des substances interdites, notamment de l'EPO et des stéroïdes, ainsi que des transfusions sanguines depuis 1986. Pour l’ancien cycliste, il s'agit là d'"une chasse aux sorcières anticonstitutionnelle".

Vendredi matin, l'Agence mondiale anto-dopage a regretté la décision d'Armstrong. "J'aurais aimé que les accusations, les insinuations, les rumeurs qui courent depuis des années soient examinées par un tribunal public dans le cadre d'une vraie procédure, quelle qu'en soit l'issue, pour que le monde entier connaisse les faits", a déclaré John Fahey à la radio australienne ABC.

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"Sa fondation contre le cancer est sa vitrine"

Toutefois, Lance Armstrong va se battre pied à pied", prévient Pierre Ballester qui connaît bien Lance Armstrong pour lui avoir consacré le livre L.A. Confidentiel dans lequel il mettait en lumière le dopage supposé du champion. "C’est un homme hors norme, il a un mental hors du commun", assure-t-il.

"Il a sa fondation contre le cancer, et ça, c’est sa vitrine", rappelle Pierre Ballester. Pour le journaliste, les conséquences de cette affaire pour être importantes. "Si les bailleurs de fonds qui alimentent sa fondation n’ont plus confiance en Lance Armstrong, que va-t-il se passer ? Tout va se casser la gueule, et lui avec", assure-t-il.