Antisémite, un député se découvre juif
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Csanad Szegedi, un élu d'extrême droite hongrois, a "fait son coming out" sur ses origines juives.

C'est ce qui s'appelle être rattrapé par son passé. Csanad Szegedi, l'un des dirigeants du parti d'extrême-droite hongrois Jobbik, a eu dernièrement la surprise de sa vie. Le député européen connu pour sa rhétorique antisémite et anti-rom, a avoué mardi s'être découvert des origines juives.

"L'important n'est pas de savoir qui est hongrois de race pure"

Dans une interview accordée mardi au journal Barikad, proche du Jobbik, Csanad Szegedi a tenté de relativiser la portée de cette découverte, à sa manière. "Je pense que ce qui compte, ce n'est pas de savoir qui est hongrois de race pure, mais l'important est la façon dont on se comporte en tant que Hongrois", s'est-il prévalu.

Csanad Szegedi, qui s'est illustré plus d'une fois par ses propos antisémites, s'était notamment distingué en 2009 après s'être présenté à la première session du Parlement européen dans un uniforme de la Garde hongroise, l'émanation paramilitaire du Jobbik, dissoute depuis.

"Szegedi tu es la honte des Hongrois"

C'est donc naturellement que les réactions, entre amusement et consternation, fusaient sur les réseaux sociaux mercredi.

 Le blog Narancs.Hirado, critique envers le régime du conservateur Viktor Orban, jugeait "impossible que Szegedi n'ait pas été informé du fait que sa grand-mère, Magoldna Klein était juive et une survivante de l'Holocauste". Pour le premier journal en-ligne Index.hu, la morale de cette histoire est que "la stupidité n'est pas liée au patrimoine génétique". "Szegedi tu es la honte des Hongrois et la honte des juifs, tu dois démissionner de tes postes (...)", écrit aussi le blog Narancs.Hirado.

"Un certain temps pour digérer la nouvelle"

Csanad Szegedi peut toutefois compter sur le soutien du président de Jobbik, Gabor Vona, qui a indiqué mercredi à la télévision nationale soutenir son collègue, qui "gardera tous ses postes".

L'élu hongrois, de son côté, est visiblement encore sous le choc. "Je ne dis pas que je n'ai pas été étonné par ces nouvelles informations", a-t-il confié mardi, ajoutant qu'il lui faudrait "un certain temps" pour "digérer" la surprise.