Annuler le Brexit, ces Britanniques en rêvent

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Annuler le Brexit, ces Britanniques en rêvent
@ DANIEL LEAL OLIVAS / AFP
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Les opposants au Brexit manifestent samedi à travers le Royaume-Uni afin de demander l'organisation d'un nouveau vote, persuadés que le résultat serait différent.

Rester au sein de l'Union européenne malgré le vote en faveur du Brexit, "je crois que c’est possible", affirmait l'ancien Premier ministre Tony Blair, jeudi sur Europe 1. Et il n'est pas le seul à le penser : des milliers de Britanniques ont prévu de manifester samedi à travers tout le Royaume-Uni pour montrer leur attachement à l'Europe et faire pression sur le gouvernement.

Une marche pour l'Europe samedi. Des dizaines de milliers de personnes sont attendues samedi dans les principales villes du Royaume-Uni pour manifester leur attachement à l'Union européenne. C'est notamment le cas d'Angela, 52 ans, qui est venue spécialement depuis son petit village du Pays de Galles pour manifester. Ses pancartes sont prêtes : "sur celle-là il est écrit 'nous avons voté pour rester' et cette pancarte est écrite dans toutes les langues européennes parce qu'on a passionnément envie de rester"; témoigne-t-elle au micro d'Europe 1. "Nous tenons à tous les Européens qui vivent, travaillent, étudient ici et nous voulons avoir l'opportunité de faire la même chose chez nos voisins européens", poursuit-elle.

L'un des organisateurs de la marche ne le cache d'ailleurs pas : son objectif est d'obtenir l'organisation d'un nouveau scrutin, persuadé que les Britanniques ne voteraient pas une seconde fois en faveur du Brexit. "On pourrait avoir connaissance du programme pour le Brexit, comprendre ce que cela signifie. Cette nouvelle position en Europe post-Brexit. Vu comme ca, nous pourrions prendre une nouvelle décision en toute connaissance de cause", assure ce dernier.

Un signal envoyé aux parlementaires. Le choix de manifester ce samedi ne doit rien au hasard : deux jours plus tard, les parlementaires britanniques ont prévu de débattre à propos d'une pétition en ligne réclamant la tenue d'un second référendum sur le Brexit. Les "remainers" ont réussi à imposer un tel débat politique en réunissant plus de 4 millions de signatures, bien que les parlementaires n'aient prévu aucun vote sur la question. C'est pour peser sur ce débat prévu lundi que les opposants au Brexit espère être plus nombreux que lors de la précédente journée de mobilisation en juillet, durant laquelle près de 50.000 personnes avaient manifesté.

Theresa May exclut un nouveau vote. Malgré cette mobilisation, le gouvernement n'entend pour l'instant pas reculer. Le porte-parole de la Première ministre Theresa May l'a répété jeudi : "Nous devons continuer d'être clairs : Brexit signifie Brexit, et nous allons le réussir. (...) Cela signifie qu'il n'y aura pas de deuxième référendum, aucune tentative de rentrer dans l'UE par la petite porte, et que, dans les faits, nous allons y procéder (au Brexit)".

Mais au-delà du symbole, le Royaume-Uni tente néanmoins de conserver les liens les plus étroits avec l'UE, principalement dans l'espoir de conserver un accès au marché unique. D'ailleurs, les entreprises et les milieux financiers militent activement en ce sens. Sauf qu'en face, les Européens ne sont pas disposés à accorder un cadeau à un Etat qui disposait déjà d'un régime de faveur. Ces derniers ne cessent de le répéter : pour avoir accès aux 500 millions de consommateurs du marché unique, Londres doit accepter le principe de libre circulation des personnes. Les négociations avec l'UE doivent reprendre d'ici la fin de l'année.