Allemagne : un infirmier déjà condamné à la perpétuité soupçonné d'au moins 24 meurtres

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Allemagne : un infirmier déjà condamné à la perpétuité soupçonné d'au moins 24 meurtres
Lors de son procès en 2015, Niels H., condamné pour le meurtre de deux patients, en a revendiqué plusieurs dizaines au total.@ Ingo Wagner/DPA/AFP
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Déjà condamné à la perpétuité en 2015, Niels H. est désormais soupçonné d'au moins 24 homicides, après des analyses réalisées sur les corps de 77 patients.

Un ancien infirmier allemand déjà condamné à la perpétuité pour deux meurtres et qui en revendique plusieurs dizaines au total est désormais soupçonné d'au moins 24 homicides, a annoncé mercredi le Parquet d'Oldenbourg, dans le nord de l'Allemagne.

De l'Ajmaline détectée dans les corps de 24 patients. Les analyses réalisées sur les corps de 77 patients exhumés dans la région de Brême (nord) ont mis en évidence la présence de la substance utilisée par Niels H., 39 ans, pour tuer ses victimes dans 24 d'entre eux, selon des résultats préliminaires communiqués par le Parquet. Cette substance, l'Ajmaline, a été découverte dans les restes des patients alors qu'elle ne leur était pas forcément prescrite, selon les conclusions de ces expertises. Les résultats pour sept autres cas ne sont pas encore disponibles. Au total, 200 dépouilles doivent être analysées, un processus qui devrait encore durer plusieurs mois.

Condamné à la réclusion à perpétuité en 2015. Niels H. avait été condamné le 26 février 2015 à la réclusion à perpétuité pour avoir tué deux patients. Il purgeait déjà une peine de sept ans et demi de prison pour une tentative de meurtre. L'homme avait aussi confessé auprès d'un psychiatre une cinquantaine d'homicides, entraînant l'ouverture de nouvelles investigations en janvier 2014, avant d'évoquer une trentaine de meurtres et une soixantaine de tentatives face au psychiatre qui l'a examiné fin 2014.

Son mobile : "l'ennui". La justice a ordonné depuis cette vaste série d'analyses et pourrait in fine le renvoyer une nouvelle fois devant les tribunaux. Pendant son procès à Oldenbourg, Niels H. avait présenté ses excuses aux proches des victimes, se disant "vraiment désolé". Les piqûres servaient à amener les patients au seuil de la mort, afin de démontrer ensuite sa capacité à les ramener à la vie, avait-il expliqué, invoquant comme autre mobile "l'ennui". L'affaire avait éclaté en 2005, lorsque Niels H. avait été surpris par une collègue en train de faire une piqûre, qui n'était pas prescrite, à un patient dans une clinique de Delmenhorst (nord), ce qui lui avait valu en 2008 sa première condamnation pour tentative de meurtre.