Algérie : retour sur la journée de vendredi
Le site gazier de BP en Algérie victime d'une attaque d'islamistes. © MAXPPP

L'ESSENTIEL -  Un second assaut a été mené par l'armée, 7 otages étrangers seraient encore retenus.

RÉSUMÉ

- Le dernier bilan fait état de douze otages tués. Dont un Français.
- L'armée algérienne a libéré 650 otages dont 100 étrangers.
- Sept otages seraient encore détenus par les islamistes.
- L'armée algérienne poursuivait son siège vendredi soir.

# LA SITUATION

Un Français tué, trois autres vivants. Selon les dernières informations données par Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, un Français aurait été tué lors de la prise d’otages et trois autres seraient vivants. La victime française s'appelait Yann Desjeux, un militaire de 52 ans à la retraite qui avait ouvert un restaurant au pays basque. Il avait parlé à des journalistes du journal Sud Ouest, au tout début de la prise d'otages, alors qu'il avait encore accès à son téléphone.

Sept otages toujours détenus. Le commando islamiste détient encore sept ressortissants étrangers, ont affirmé des sources islamistes à l'Agence mauritanienne Nouakchott Information (ANI). Des sources au sein du groupe islamiste auteur de l'attaque, "les Signataires par le sang", proche d'Al-Qaïda, ont affirmé que les ravisseurs "détiennent encore sept otages étrangers dans l'usine, dont ils ont fait exploser une partie pour repousser les forces algériennes". Il s'agit de trois Belges, deux Américains, un Japonais et un Britannique. Une source sécuritaire algérienne a fait état de son côté d'une "dizaine" de personnes encore retenues.

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Le décès de plusieurs otages. Selon les dernières informations, douze otages otages ont été tués depuis le lancement de l’opération de l'armée algérienne, a annoncé vendredi une source sécuritaire, citée par l'agence officielle APS.

100 otages étrangers libérés. Les forces spéciales algériennes ont par ailleurs libéré quelque 100 otages étrangers détenus par un groupe armé islamiste sur un site gazier dans le Sahara, exploité par BP, Statoil et Sonatrach, mais 30 autres sont toujours portés disparus, a rapporté vendredi l'agence officielle algérienne APS.

>> Un Français rescapé de la prise d'otages en Algérie témoigne

# LES RAVISSEURS

Trente djihadistes au total. Les auteurs de la prise d'otages sur le complexe gazier de Tiguentourine, dans l'est de l'Algérie, étaient au nombre d'une trentaine de "terroristes" de diverses nationalités, rapporte vendredi l'agence de presse officielle APS se référant à une source sécuritaire.

Au moins dix-huit djihadistes tués, dont un Français. Dix-huit insurgés islamistes ont été tués par les forces spéciales algériennes lors de leur assaut lancé jeudi pour libérer les otages du groupe, a-t-on appris vendredi de source sécuritaire algérienne. Parmi eux, figure un ressortissant français. Dans ce groupe figurent, aussi, deux Algériens, dont le chef du commando djihadiste, Tahar ben Chened, décrit comme un éminent djihadiste au Sahara, de même que trois Egyptiens, deux Tunisiens, deux Libyens et un Malien.


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# LES SUITES DE L'AFFAIRE

Les gouvernants étrangers remontés contre Alger... Peu de détails ont été fournis sur l'opération conduite par l'armée algérienne, y compris aux pays dont sont originaires les otages qui, pour certains, n'ont pas cherché à dissimuler leur irritation. Les gouvernements américain, norvégien, roumain et autrichien ont annoncé que leurs ressortissants figuraient parmi les otages. "Nous n'étions pas au courant de l'intervention en avance", a regretté un responsable américain, avant d'inviter Alger à faire preuve d'une "précaution extrême". Le Japon a tenu le même discours vendredi soir.
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Pas d'autre choix que de donner l'assaut. Le ministère des Affaires étrangères s'est abstenu vendredi de critiquer l'attitude de l'Algérie dans le dénouement sanglant de la prise d'otages en invoquant une situation "particulièrement complexe compte tenu de l'ampleur de la prise d'otages". "Les autorités algériennes ont estimé qu'elles n'avaient pas d'autre choix que de donner l'assaut", a déclaré lors d'un point-presse le porte-parole du ministère Philippe Lalliot pour qui cette prise d'otages confirme que "la présence de groupes terroristes" au Sahel est un "enjeu pour la communauté internationale tout entière".

Le parquet de Paris ouvre une enquête. Le parquet de Paris a ouvert une enquête en flagrance ce vendredi, confiée à la DCRI, après le décès présumé (non confirmé officiellement) d’un otage Français sur la base d’In Amenas, en Algérie. L’enquête a été ouverte pour "enlèvement suivi de mort en relation avec une entreprise terroriste et association de malfaiteurs en vue de préparer un ou plusieurs crimes".