Algérie : "il fallait tenter notre chance"

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Algérie : "il fallait tenter notre chance"
"Autre idée de cachette, les pipes à stocker, à 50 mètres du bâtiment où je m'étais cachée", raconte Murielle à propos de ce cliché.@ WALID BERRISSOUL/EUROPE 1
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EXCLU -  Murielle, ex-otage à In Amenas, raconte comment elle a réussi à s'échapper.

Lorsque les islamistes se sont emparés du site d’In Amenas, en Algérie, où Murielle est infirmière, elle a tout de suite pensé à la guerre engagée par la France dans un pays voisin. "Je me suis dit, il ne faut pas qu’ils me trouvent parce que je suis une femme et je suis française. Et avec ce qui se passe au Mali, il ne vaut mieux pas qu’ils m’attrapent".

"Ils ont cassé les portes des chambres"

Très vite elle imagine le pire. "Au mieux, je me prenais une balle dans la tête, au pire, en tant que femme, je ne vous fais pas un dessin", confie-t-elle au micro d’Europe 1. Cachée, terrorisée, Murielle raconte qu’au moindre bruit elle sursautait, dans sa cachette.

"Ce sont surtout mes collègues Algériens qui m’ont donné les informations, en m’expliquant qu’il y avait une attaque terroriste et que les preneurs d’otages étaient en train de casser toutes les portes des chambres pour sortir les otages", poursuit l’infirmière.



Algérie : "Au mieux, c'était une balle dans la...par Europe1fr

Par chance, Murielle s’est cachée dans une partie du site, immense, que les islamistes ne sont venus fouiller. "On était dans un petit coin reculé, on nous avait oublié", explique la jeune femme. Assez rapidement la question d’une évasion se pose entre Murielle et ses collègues. "On était deux à dire qu’il fallait partir, et les deux autres pensaient qu’ils étaient plus en sécurité en étant cachés", raconte Muriel. "Je leur ai dit qu’il fallait tenter notre chance, qu’il ne fallait pas subir. On entendait en permanence des tirs de kalachnikov et des explosions", se rappelle -t-elle.

"J’ai essayé de cacher mes cheveux blonds"

Puis les terroristes ont fait une annonce dans les haut-parleurs de la base. Ils allaient faire sauter le site. C’est à ce moment que Murielle a compris qu’elle devait fuir si elle voulait survivre. "On s’est dit qu’il fallait s’éloigner le plus possible du site, mais le bâtiment où nous étions était prés de la clôture du site, infranchissable", raconte Murielle.

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C'est cette clôture que les collègues de Murielle ont coupée pour pouvoir s'enfuir.

Par chance, dans son ambulance, l’infirmière possède une énorme pince qui lui sert à couper des cadenas.

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Le lendemain matin, le jeudi, avec 26 collègues algériens, Murielle et ses trois autres collègues étrangers, décident de partir. Ils enfilent alors leur tenue de travail et des bonnets pour éviter que les preneurs d’otages, s’ils venaient à les croiser, ne reconnaissent les occidentaux du groupe.

"Je suis anéantie, je suis super mal"

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Le soleil commence à se lever, quand Murielle et son groupe prennent la fuite.

Vers 7 heures du matin, ils franchissent la clôture et marchent le plus vite possible, vers le soleil qui se lève, en s’éloignant du site. "Là, on a vu au loin des hommes habillés en militaires. Ils pouvaient être des terroristes, on ne savait pas. Soit, ils me tuaient immédiatement, soit, ils nous chargeaient dans les pick-up, direction le site", se souvient Murielle.

Finalement l’infirmière s’en sort saine et sauve. "Apprendre que tous ceux qui sont restés se sont fait assassiner, c’est difficile. Je suis anéantie, je suis super mal. Je ne les oublierai jamais", conclut la jeune femme.