"Alep est devenue une ville-fantôme", déplore le "maire" des quartiers rebelles

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Invité d'Europe 1 mercredi matin, le président du Comité civil d'Alep-Est dénonce les réponses tardives apportées par l'ONU et la communauté internationale au drame d'Alep.

INTERVIEW

Brita Hagi Hassan en est intimement convaincu : "il faudra demander des comptes à Bachar Al-Assad". Invité sur Europe 1 mercredi matin, celui que l'on présente comme le "maire" des quartiers rebelles d'Alep ne reconnaît plus rien de sa ville. "Les bombardements continuent. Il y a des cadavres sous les décombres, dans les rues, sur les trottoirs… La situation est dramatique", s'émeut-il.

Une situation humanitaire dramatique. "Environ 5.000 personnes attendent toujours leur délivrance d'Alep-Est. 50.000 personnes ont été exilées (…) La majorité des habitants ont quitté la ville en pleurant", se désole le président du Comité civil d'Alep-Est. Selon lui, certains habitants ont préféré "brûler leurs maisons avant de quitter la ville" afin d'éviter qu'elles ne soient "détruites par les milices". Désormais, la reprise du contrôle total de la ville par les forces de Bachar al-Assad est imminente. Pour Brita Hagi Hassan, il ne s'agit pas là d'une "récupération" mais d'une "réoccupation". "Les rebelles espèrent retrouver une vie civile, pacifique. Mais ils reprendront les armes et la révolution si les choses ne s’améliorent pas", prévient-il.  

"Établir des preuves". Face au drame d'Alep, le "maire" des quartiers rebelles estime que "la réponse des occidentaux n’est pas, jusqu'à maintenant, au niveau des cris des enfants qui souffrent de la mort et des bombardements". Et la décision prise par l'ONU d'envoyer sur le terrain vingt observateurs arrive bien tard. À présent, "il faut que ces observateurs arrivent dans la ville avec les médias internationaux qui ont été privés d’accès à ces quartiers par Bachar al-Assad. Il faut établir des preuves de tout ce qui a été détruit par ce régime criminel dans l’est de la ville", insiste Brita Hagi Hassan.

Un appel au peuple français. Le président du Comité civil d'Alep-Est espère maintenant que l'Union européenne "devienne une puissance". "Non pas pour mener une guerre, précise-t-il. Mais pour aider le peuple syrien à retrouver sa liberté et sa dignité. Nous espérons beaucoup du peuple français, d’autant que la France est la capitale des révolutions".