Affaire Cassez : deux enquêtes lancées

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Affaire Cassez : deux enquêtes lancées
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Elles visent des policiers et des fonctionnaires soupçonnés de "délits" et "fautes administratives".

Policiers et fonctionnaires mexicains sont-ils responsables de délit dans le traitement de l'affaire Cassez ? Une série de plaintes judiciaires et administratives ont été déposées mercredi par l'ombudsman mexicain. L'ancien ministre Genaro Garcia Luna est notamment visé par ces plaintes pour de "probables délits" et "fautes administratives" dans le cadre de l'affaire Florence Cassez.

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Des erreurs judiciaires en série. Après sept ans de prison, la Française condamnée en 2008 à une peine de 60 ans de prison pour complicité d'enlèvements, a été libérée le 23 janvier dernier. Une libération immédiate et absolue qui n'atteste en rien de son innocence. La Cour suprême du Mexique a en effet décidé de libérer la jeune femme en raison des violations de la procédure judiciaire. Les personnes à l'origine de ces erreurs judiciaires font donc aujourd'hui l'objet d'une plainte.

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"Nous allons devoir présenter non seulement une plainte judiciaire devant le ministère public, mais aussi une plainte administrative dans le but que l'on enquête et qu'on détermine les responsabilités attribuables à chacun des fonctionnaires mentionnés", a annoncé l'ombudsman mexicain Raul Plascencia, président de la Commission nationale des droits de l'homme (CNDH), un organisme autonome de l'Etat.

Un ministre concerné. L'ombudsman cite en particulier la "mise en scène contraire à la réalité" organisée le 9 décembre 2005. Ce jour là, des images soi-disant tournées en direct, montrent l'arrestation de la Française et de son ex compagnon Israel Vallarta ainsi que la libération de 3 otages, dans un ranch des environs de Mexico. En réalité Cassez et Vallarta, avaient été arrêtés la veille sur une route.

Affaire Cassez : le Mexique doute toujours

De son côté, Genaro Garcia Luna, ministre de la Sécurité publique de l'ex-président Calderon de 2006 à 2012, devra lui-aussi répondre à la justice. Il était en effet responsable de l'arrestation de Cassez. Parmi les fonctionnaires impliqués, et cités seulement par leur titre, figure Luis Cárdenas Palomino, à l'époque chef de l'Unité des recherches de l'Agence fédérale d'investigation, ainsi que le directeur général des enquêtes policières et le directeur des opérations spéciales.

Sur quoi portent les plaintes ? Selon Raul Plascencia, le président de la Commission nationale des droits de l'homme, il y a eu au moins trois types de délit : l'un "contre l'administration de la justice, spécifiquement en raison d'actes ou d'omissions qui produisent un dommage ou concèdent un avantage à l'une des parties", le second pour abus d'autorité, avec le retard injustifié de la mise à disposition d'une personne arrêtée devant le ministère public, enfin l'exercice indu du service public par la "mise en œuvre d'actions de manière illicite".

Le président de la CNDH souligne que les irrégularités commises par les policiers et les fonctionnaires du ministère public ont ignoré "les principes de légalité, d'objectivité, d'efficacité, de professionnalisme, d'honnêteté et de respect des droits de l'homme" auxquels les oblige la Constitution mexicaine.