Adoption : la France sur la liste noire de Moscou

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Adoption : la France sur la liste noire de Moscou
La Russie reste le premier pays de provenance des enfants adoptés par des couples français à l'étranger, avec près de 185 adoptions en 2013.@ Reuters
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La Russie a signé un décret qui interdit l'adoption pour les ressortissants célibataires dont le pays autorise le mariage gay.

L'INFO. Alors que la Russie est au cœur d'une polémique après la promulgation d'une loi interdisant toute "propagande gay", la France vient d'être placée sur la "liste noire" de Moscou. Le Premier ministre russe Dmitri Medvedev a signé jeudi un décret qui interdit l'adoption des enfants par les ressortissants célibataires qui ont autorité le mariage homosexuel, rapporte Courrier International qui cite un journal russe Kommersant. 

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Plusieurs pays sont concernés. Cela fait suite à une loi adoptée par la Douma, le Parlement russe. Selon le texte, l'adoption d'enfants russes est interdite aux "personnes de même sexe dont l'union est reconnue comme un mariage et qui a été enregistrée dans un Etat où une telle union est autorisée, ainsi qu'aux citoyens de tels Etats qui ne sont pas mariés." Outre la France, l'Espagne, le Royaume-Uni, le Canada, les Pays-Bas, le Danemark, l'Islande, la Norvège, le Portugal, la Suède et la Nouvelle-Zélande sont également concernés par cette mesure. Les couples mariés hétérosexuels peuvent, eux, encore adopter des enfants russes.

La Russie, le premier pays de provenance. Cette décision n'est pas anodine. Dans un contexte de diminution générale de l'adoption mondiale, la Russie reste le premier pays de provenance des enfants adoptés par des couples français à l'étranger, avec près de 185 adoptions en 2013. La Russie devance ainsi l'Ethiopie et la Chine. Au total, 1.343 enfants ont été adoptés à l'étranger en 2013, selon l'Agence française de l'adoption.

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© Reuters

Les Américains déjà sanctionnés. Le président Vladimir Poutine avait justifié cette décision, affirmant qu'il était de son "devoir de réagir à ce qui se passe autour de nous". Il avait fait valoir "les traditions culturelles et les normes éthiques" de la Russie. En 2012, les Russes avaient déjà sanctionné les Américains. Ils avaient interdit l'adoption de leurs enfants en représailles à la "liste Magnitski", établir par Washington suite aux violations des droits de l'homme par des responsables russes.

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