A Tripoli, une sécurité à construire

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A Tripoli, une sécurité à construire
L'attentat de mardi devant l'ambassade de France a fait deux blessés et causé d'importants dégâts.@ REUTERS
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REPORTAGE E1 - Dans la capitale libyenne, frappée par un attentat, la violence n’est jamais loin.

L’attentat n’a toujours pas été revendiqué. Au lendemain de l’attaque à la voiture piégée devant l’ambassade de France à Tripoli, qui a fait deux blessés et des dégâts considérables, Europe 1 a pris le pouls de la capitale libyenne. Dix-huit mois après la chute du régime de Kadhafi, le pays demeure instable et l’insécurité est palpable.

>> Walid Berrisoul, envoyé spécial d’Europe 1, a rencontré des habitants de Tripoli.

Saison des mariages à Tripoli. Le quartier de l’ambassade de France est bouclé, mais ailleurs dans Tripoli, l’ambiance est festive. La saison des mariages bat son plein et les feux d’artifice résonnent dans toute la ville. Il y a un an et demi, ces mêmes bruits étaient des tirs à balles réelles, explique Redouane, 29 ans, devant une terrasse de café.

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Tripoli vit à nouveau, mais le jeune père de famille n’oublie pas que la violence n’est jamais loin. "Ma crainte, c’est d’être avec ma famille et de me retrouver au milieu d’une bagarre. Une bagarre ça peut aller jusqu’à l’affrontement avec des armes. Il y a la sécurité mais c’est fragile", confie-t-il au micro d’Europe 1.



Tripoli : une sécurité "fragile"par Europe1fr

"Avant, des checkpoints partout". Ici, il est illusoire d’appeler la police en cas de problème. C’est donc vers les "gens du quartier" que se tournent les habitants. Ces révolutionnaires sont ceux qui ont libéré la ville, mais aujourd’hui ils doivent rendre leurs armes. Parmi eux, Mohamed n’est pas encore convaincu de laisser sa kalachnikov.

> TÉMOIGNAGES : "L'ambassade est éventrée"

Pour lui, "cet attentat, c’est parce que l’État a justement réduit notre pouvoir". "Avant, on avait installé des checkpoints partout et je peux vous assurer que dans le quartier de l’ambassade de France, aucune voiture ne passait sans avoir été fouillée", assure-t-il.

Dans la capitale libyenne, il n’y a aujourd’hui presque plus de checkpoints et presque plus d’armes visibles. Mais toute une sécurité demeure à construire.