À Alger, Emmanuel Macron apostrophé par la jeunesse sur la colonisation

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Le président de la République a été pris à partie par la jeunesse lors de son premier voyage en Algérie depuis son élection. Il a appelé à ce que la nouvelle génération se tourne vers l'avenir.

REPORTAGE

Emmanuel Macron vient d'arriver au Qatar. Une visite brève au cours de laquelle il doit annoncer plusieurs gros contrats et évoquer la lutte antiterroriste. Ce voyage fait suite à son déplacement en Algérie, pays où il se rendait pour la première fois depuis son élection. Il a appelé à ne pas rester otage du passé douloureux qui unit les deux Etats. Un passé qui reste pourtant bien présent dans l'esprit des plus jeunes.

"Qu'est-ce que vous venez m'embrouiller ?". Le président français était venu parler d'avenir mais, en Algérie, il s'est rendu compte que le passé ne s'effaçait pas d'un coup de gomme. Un échange des plus vifs a eu lieu avec un jeune Algérois. "Mais vous avez quel âge ?", demande le président. Son interlocuteur répond "26 ans", ce à quoi Macron rétorque qu'il n'a donc "jamais connu la colonisation" avant d'enchaîner : "Qu'est-ce que vous venez m'embrouiller avec ça ? Vous, votre génération, elle doit regarder l'avenir !" Réponse de l’intéressé : "Monsieur, je ne l'ai pas connue, mais mes grands-parents l'ont connue."

Le président reprend la parole et poursuit son raisonnement : "Je sais, c'est pour ça qu'il faut reconnaître, mais la jeunesse algérienne, elle ne peut pas toujours regarder son passé. Elle doit aussi ouvrir une page d'avenir. Arrêtez. Votre génération, elle doit regarder l'avenir, elle doit construire. Ce que vous vivez au quotidien, ce n'est pas le passé d’avant 1962", dit-il sous le crépitement des flashs.

Une demande de visa, "pas un projet" d'avenir. Le président se fait alors apostropher : "Est-ce qu'on déchire la page ou bien on tourne la page ?". Emmanuel Macron martèle à nouveau son discours : "Il ne faut pas être prisonnier de l'Histoire." L'avenir franco-algérien, d'après le président, tient aux échanges économiques renforcés. Quant aux demandes de visas, nombreuses, faites dans la rue au président français, la réponse est claire et sèche : "Une demande de visa seule, ce n'est pas un projet de vie."