A Alep, "les choses vont de pire en pire", confie un habitant

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Au lendemain d'un nouveau bombardement qui a tué 30 personnes à Alep, en Syrie, un habitant a raconté à Europe 1 son terrible quotidien.

"La trêve est désormais derrière nous", constate Ismaël avec dépit. Ce trentenaire n'a jamais quitté Alep. Depuis un appartement situé dans la partie de la ville contrôlée par les rebelles, il raconte les murs qui tremblent et le fracas d’acier incessant depuis une semaine. 

Les habitants "regardent le ciel en permanence". "Je reste à la maison. On ne peut pas sortir car on n’a aucun répit", confie Ismaël à Europe 1. "Quand un avion bombarde un quartier, on attend juste cinq minutes et arrive un autre avion. Il y a des hélicoptères dans le ciel en ce moment, ils ont lancé deux barils d’explosifs", décrit-il. Si dans les premiers temps, la trêve était respectée, la situation s'est depuis considérablement détériorée. "Les écoles d’Alep se sont arrêtées. Les gens ne se rassemblent pas dans la rue, ils regardent le ciel en permanence. Les choses vont de pire en pire", explique tristement Ismaël.

Alep bientôt reprise par Bachar al-Assad ? Chaque matin, des familles tentent de s’enfuir par la frontière turque, empruntant l’unique route encore ouverte. Tous sont convaincus que les forces de Bachar al-Assad sont sur le point de reprendre le contrôle de la ville. "On sait que si les frappes recommencent dans de telles proportions, c’est que les forces de Bachar al-Assad ont décidé de reprendre toute la ville", assure Ismaël. "Là, ils font en sorte que les gens fuient, ensuite ils essayeront d’entrer dans Alep". Récemment, l’éditorial d’un journal proche du régime a confirmé les craintes d’Ismaël : "L’offensive sur Alep commencera d’ici peu et se terminera rapidement". L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) rapportait vendredi que plus de 200 civils ont été tués en une semaine dans des raids aériens à Alep.