Une amibe "mangeuse de cerveau" au Pakistan

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avec AFP , modifié à
L'épidémie a déjà tué dix personnes en quatre mois dans la mégalopole de Karachi.

Elle s’appelle Naegleria Fowleri et se régale une fois logée dans le cerveau de sa victime. Cette amibe, présente dans l’eau, a déjà tué dix personnes à Karachi au Pakistan, ces quatre derniers mois. Les autorités de la mégalopole pakistanaise ont annoncé, mardi, avoir diligenté une enquête d'urgence.

Elles ont sommé la compagnie de distribution d'eau et les services sanitaires qui la surveillent d'identifier l'origine de cette épidémie. Selon Saghir Ahmed, ministre de la Santé de la province dont Karachi est la capitale, l'enquête sera menée sur le réseau d'eau potable, les bains et piscines et les lieux d'ablutions utilisés avant les prières musulmanes. "Il n'y a aucune raison de paniquer, et les citoyens doivent rester calmes et prendre leurs précautions. C'est une épidémie d'origine hydrique, et nous enquêtons au maximum sur les causes de son éruption", a-t-il ajouté.

Elle pénètre par le nez et remonte au cerveau

On trouve notamment l'amibe Naegleria Fowleri dans les eaux stagnantes et la terre humide, et sa propagation est plus importante à mesure que s'élève la température. Elle rentre dans le corps par les membranes du nez et passe ensuite dans le cerveau dont elle détruit les cellules. Les autorités ont donc recommandé à la population d’utiliser de l’eau bouillie pour les ablutions d'avant prière incluant notamment un rinçage du nez.

L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), qui a de son côté confirmé neuf cas de contamination plus un autre suspect, a indiqué travailler sur le terrain avec les autorités locales pour prévenir d'autres infections. La concentration de chlore dans les réservoirs et stations de fournitures d'eau a été augmentée par précaution, a par ailleurs annoncé Misbahuddin Farid, directeur du département de l'eau et de l'assainissement de la ville.

Selon le ministère de la Santé, des prélèvements de près d'un millier d'échantillons d'eau ces trois derniers mois dans les circuits d'approvisionnement de la ville ont montré que 22% d'entre eux ne contenaient pas de chlore.