36 détenus islamistes tués en Egypte

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avec AFP , modifié à
ESSENTIEL - Suivez l'évolution de la situation en Egypte, tout au long de la journée dimanche.

L' INFO. Les islamistes ont appelé à des manifestations dimanche en Egypte au lendemain de l'évacuation houleuse d'une mosquée du Caire où étaient retranchés des centaines de manifestants, faisant craindre de nouvelles violences après quatre jours de heurts qui ont fait plus de 750 morts. Mais finalement, les partisans du président islamiste Mohamed Morsi ont annoncé qu'ils annulaient dimanche certaines de leurs manifestations au Caire "pour raisons de sécurité".

• ESSENTIEL

- Une tentative d'évasion de détenus islamistes s'est soldée dans le sang dimanche
- Un nouvel appel à manifester a été lancé par les Frères musulmans dimanche avant d'être annulé pour des raisons de sécurité.
- L'armée ne pliera pas devant la violence a annoncé son porte-parole.
- Samedi, 385 personnes qui se trouvaient à l'intérieur de la mosquée Al-Fath, ont été évacuées.
- Les violences, qui ont éclaté mercredi, ont déjà fait au moins 1.000 morts.
- L'UE va réviser ses relations avec l'Egypte.

• LES DERNIÈRES INFOS

Tentative d'évasion : 36 détenus islamistes tués.  Trente-six détenus islamistes égyptiens ont été tués dimanche dans une tentative d'évasion durant leur transfert du Caire vers une prison de la banlieue, a annoncé l'agence de presse d'Etat Mena, assurant que le convoi de la police a été attaqué par des hommes armés. Les 36 morts sont des "Frères musulmans", la confrérie islamiste du président Mohamed Morsi destitué et arrêté par l'armée le 3 juillet.

Niveau de violence "pas acceptable" pour Hollande. Le président François Hollande a jugé dimanche que le niveau des violence en Egypte n'était "pas acceptable", à l'issue d'un entretien avec le chef de la diplomatie saoudienne, le prince Saoud Al-Fayçal. "Il n'est pas acceptable qu'il y ait dans un grand pays comme l'Egypte des violences de ce niveau", a déclaré le chef de l'Etat sur le perron de l'Elysée, aux côtés du ministre.

Neuf manifestations prévues... puis annulées. Les militants islamistes avaient annoncé neuf manifestations au Caire dans le cadre d'une "semaine contre le coup d'Etat". "Plusieurs marches au Caire ont été annulées pour raisons de sécurité", a déclaré Yasmine Adel, porte-parole de l'Alliance contre le coup d'Etat, sans en préciser le nombre.

L'Egypte ne pliera pas face aux islamistes. Le général Abdel Fattah al-Sissi, le chef de l'armée égyptienne et nouvel homme fort du pays, a dans le même temps assuré dimanche que l'Egypte ne "plierait" pas devant la violence des islamistes, lors d'une réunion avec les principaux chefs militaires et de la police. "Quiconque imagine que la violence fera plier l'Etat et les Egyptiens doit revoir sa position, nous ne resterons jamais silencieux face à la destruction du pays", a-t-il dit dans sa première déclaration depuis mercredi.

La mosquée évacuée. Au total, 385 personnes qui se trouvaient à l'intérieur de la mosquée Al-Fath, évacuée samedi par les forces de l'ordre après une nuit de siège, ont été arrêtées, a annoncé le ministère de l'Intérieur. Les partisans du président islamiste Mohamed Mordi, destitué par l'armée le 3 juillet, ont appelé à de nouvelles manifestations dimanche après-midi au Caire, pour dénoncer ce qu'ils considèrent comme un "coup d'Etat". Depuis vendredi soir, décrétée journée "de la colère" par les pro-Morsi, de nombreux manifestants, dont des femmes, s'étaient réfugiés dans la mosquée.

Quelques rassemblements samedi soir. Malgré leur appel à des protestations désormais quotidiennes, aucune manifestation n'a été signalée samedi dans le pays, même si quelques rassemblements ont eu lieu dans la soirée.

Les violences se propagent. A Alexandrie, dans le Nord du pays, des affrontements ont opposé des manifestants islamistes à d'autres civils, selon l'agence officielle Mena, dont l'information n'a pas pu être vérifiée dans l'immédiat. L'état d'urgence et un couvre-feu nocturne restent en vigueur dans le pays, devenu un véritable champ de bataille depuis la dispersion dans le sang mercredi au Caire des campements des partisans de Mohamed Morsi, premier président démocratiquement élu du pays.

Au moins un millier de morts. Au total, plus d'un millier de personnes, essentiellement des pro-Morsi, ont été tuées depuis fin juin dans des affrontements avec les forces de l'ordre et avec des anti-Morsi.
Dans un pays où les division n'ont jamais semblé si profondes, les violences ont fait surgir le spectre d'une justice de rue.

Une ambiance de guerre civile. Des "comités populaires" - surtout des groupes de jeunes souvent excités et armés - se sont mis en place et fouillent les passants, contrôlent l'accès à leur quartier et amènent de force à l'armée et à la police toute personne leur paraissant suspecte.

L'UE réexaminera ses relations avec l'Egypte. Les dirigeants de l'Union européenne, Herman Van Rompuy et Jose Manuel Barroso, ont averti dimanche le gouvernement égyptien que l'UE était prête à "réexaminer" ses relations avec ce pays si la violence ne cesse pas. L'UE appelle à la fin des violences et au retour au dialogue et au processus démocratique.