Les moines de l’Abbaye de Grimbergen ne retrouvent plus la recette de leur bière

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Les moines de l’Abbaye de Grimbergen ne retrouvent plus la recette de leur bière
Les chanoines de Grimbergen veulent remettre en place une micro-brasserie dans les murs de l'abbaye.@ Capture Google maps
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Les religieux belges veulent remettre en place la brasserie historique, démolie au XVIIIe siècle, mais ne parviennent plus à remettre la main sur la composition originelle de leur bière.

Voilà plus de 220 ans que la bière de Grimbergen n’est plus brassée entre les murs quasi-millénaires de l’abbaye éponyme du Brabant flamand, en Belgique. Depuis la fin des années 1950, la brasserie Maes utilise le nom du lieu pour produire une célèbre bière ambrée, commercialisée en France par le groupe Carlsberg. Plus rien à voir donc avec le breuvage que produisaient jusqu’à la fin du XVIIIe siècle les chanoines prémontrés.

Or, leurs lointains successeurs ont choisi de renouer avec la tradition et espèrent relancer l’activité brassicole de l’abbaye, comme le rapporte cette semaine le quotidien flamand Het Laaste Nieuws. Mais les apprentis brasseurs vont devoir surmonter un problème de taille : impossible pour l’heure de remettre la main sur la recette originelle du précieux nectar !

La brasserie d'origine démolie par les Français. "Nous avons trouvé des documents datant du XIIe siècle et attestant du brassage de la bière dans l’abbaye", explique le père Karel Stautemas, cité par le journal flamand. Or, en 1797, pendant les guerres de la Révolution française, les soldats français débarquent à Grimbergen où "ils ont démoli l’abbaye et la brasserie". "Dans le rétablissement ultérieur de l’abbaye, plus aucune brasserie n’était prévue", précise encore le religieux.

Plongée dans les archives. Pour remettre la main sur la composition de la bière, les moines se sont plongés dans leurs archives : 35.000 livres poussiéreux et presque autant de classeurs à éplucher pour espérer tomber sur la recette, précise le Het Nieuwsbald. Si des documents, attestant notamment de l’achat d’orge à des agriculteurs des environs, ont permis aux moines de lister les ingrédients nécessaires à la fabrication de la Grimbergen d’origine, il reste encore à trouver les justes proportions pour pouvoir donner corps à leur rêve de micro-brasserie. Mais la foi transporte des montagnes : "Nous espérons pouvoir goûter d’ici 2020 notre propre Grimbergen, brassée dans notre propre cuve", conclut Karel Stautemas.