Hongrie : des archives de l'Holocauste dormaient derrière le mur d'un appartement

  • A
  • A
Hongrie : des archives de l'Holocauste dormaient derrière le mur d'un appartement
@ AFP
Partagez sur :

 Il s'agit de 6.300 fiches de recensement des Juifs de Budapest, un comptage auquel s'étaient livrées les autorités hongroises en 1944 afin de préparer leur déportation.

"J'ai cru qu'on avait saccagé le papier peint des voisins". En réalité, ce couple de Budapest venait de tomber, derrière les briques de son appartement, sur d'inestimables documents relatifs à la déportation des Juifs de la capitale hongroise.

6.300 fiches de recensement de Juifs. C'était un chantier de rénovation comme un autre dans un vieil appartement du centre-ville dominant le parlement. Jusqu'à ce que le tournevis d'un ouvrier aille fureter dans la fissure d'un mur et fasse apparaître des couches de papiers. Toujours lisibles malgré le temps et les bouts de plâtre incrustés par endroits, les documents livrent leur secret: il s'agit de 6.300 fiches de recensement des Juifs de Budapest, un comptage auquel s'étaient livrées les autorités hongroises en 1944 afin de préparer la déportation des 200.000 Juifs de la ville vers les camps nazis.

70.000 Juifs dans le ghetto de Budapest. Sur les formulaires de recensement étaient indiqués le nom des habitants de chaque immeuble et leur confession juive ou de chrétienne. Après le recensement, des dizaines de milliers de Juifs ont été transférés dans quelque 2.000 "maisons à l'étoile jaune" sur lesquelles était peinte en jaune l'étoile de David, puis dans le ghetto de la capitale. Jusqu'à l'arrivée des forces soviétiques, le ghetto de Budapest a abrité jusqu'à 70.000 Juifs, dans des conditions déplorables, des milliers succombant au froid, à la faim ou à la maladie.

Les célébrations des 70 ans de l'Holocauste en Hongrie cette année ont suscité la controverse, de nombreux groupes organisateurs refusant ou retournant les fonds distribués par le gouvernement de Viktor Orban, l'accusant de minimiser la complicité de l'Etat hongrois dans l'organisation de la déportation, ce que nie le gouvernement.