L'UE en guerre contre l'"IP-Tracking"

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La pratique de certains sites internet de vente de billets de transport de moduler le prix proposé au client en fonction de ses simulations antérieures d'achats, ou "IP tracking", devrait être considérée comme déloyale, a demandé mardi le Parlement européen. La commission juridique du Parlement a adopté, à l'unanimité, un amendement de l'eurodéputée socialiste française Françoise Castex demandant à la Commission européenne et aux Etats membres de l'UE une protection adéquate des consommateurs face à l'"IP-tracking". Le texte demande à la Commission européenne "d'enquêter sur la fréquence de cette pratique qui génère une concurrence déloyale et porte atteinte aux données personnelles des utilisateurs, et, le cas échéant, de proposer une législation adéquate pour protéger les consommateurs".

L'"IP-tracking" consiste, lorsqu'un usager effectue une recherche de billets, à enregistrer cette recherche et l'associer à l'adresse IP du terminal utilisé. Si l'usager n'achète pas immédiatement, et se décide un peu plus tard, l'opérateur ayant gardé en mémoire l'intérêt manifesté par l'usager pour ce trajet, propose alors un prix un peu supérieur, ceci afin de susciter l'achat immédiatement en laissant penser à l'internaute que le nombre de places diminue et que le prix augmente. La seule parade consiste actuellement à pouvoir changer d'ordinateur en cours de recherche.

Le soutien des groupes politiques à cet amendement est la preuve, selon Françoise Castex, "d'un ras-le-bol général face à ces pratiques inadmissibles qui touchent des millions de consommateurs européens". "Le Parlement souhaite mettre un terme à l'inaction de la Commission et des États membres", a insisté Françoise Castex dans un communiqué. Elle a souhaité que Bruxelles propose un texte qui "interdise ces pratiques commerciales sur le net". L'eurodéputée française avait déjà saisi la Commission européenne sur ce sujet en janvier et juillet dernier. En France, elle avait également demandé à la Commission nationale informatique et libertés (Cnil) d'examiner ce procédé qui en plus de "violer" la protection des données personnelles est une "grave atteinte aux droits des consommateurs".