Espionnage : Microsoft était-il dans le coup ?
© REUTERS

La firme américaine aurait aidé les renseignements américains dans l'affaire d'espionnage mondial.

L'INFO. Si l'information était confirmée, ce serait un coup dur porté à son image. Microsoft aurait en effet aidé les services de renseignements américains (NSA) en donnant accès aux communications de ses utilisateurs, révèle vendredi The Guardian. Le quotidien britannique a pu consulter des documents "top-secret" fournis par Edward Snowden, l'homme à l'origine de l'affaire d'espionnage mondial Prism. Emails, messagerie instantanée et documents en ligne auraient été fournis par Microsoft à la NSA.

Outlook, Skype et Skydrive scrutés. D'après les documents évoqués par le Guardian, Microsoft aurait aidé la NSA à contourner ses propres systèmes de cryptage pour consulter les chats, ces messageries instantanées, via le portail de messagerie Outlook.com. La NSA aurait demandé, toujours selon le quotidien britannique, l'accès au service de discussion vidéo Skype, utilisé par 663 millions d'internautes. Enfin, le Guardian avance que le géant américain a également travaillé avec le FBI pour faciliter l'accès à son service de stockage en ligne Skydrive, qui compte 250 millions d'utilisateurs.

12.07 930x620 Microsoft Internet

© REUTERS

Une coopération démentie par l'entreprise. Dans un communiqué, Microsoft dit n'avoir laissé l'"accès direct à SkyDrive, Outlook.com, Skype ou tout autre produit à aucun gouvernement". L'équipe juridique de la société américaine "examine minutieusement toutes les demandes d'accès aux données de ses utilisateurs et rejette celles qui ne nous semblent pas valides". Comme Facebook l'avait fait suite aux premières révélations du Guardian, Microsoft affirme fournir un accès à ses serveurs et aux différentes communications uniquement dans le cadre d'une décision judiciaire motivée et ciblée qui leur aurait été transmise.

La NSA se défend. De son côté, la NSA s'est réfugiée derrière le même argument, évoquant "une surveillance dans des cas autorisés par la justice", ont affirmé Shawn Turnet et Judith Emmel, porte-parole du renseignement américain. "Les États-Unis réalisent ce programme dans un cadre strictement contrôlé par la justice, le congrès et le directeur du renseignement national. Tous les pays n'ont pas ces mêmes mécanismes de contrôle pour protéger les libertés civiles et la vie privée", ont ajouté les deux représentants.