Candy Crush : le jeu phénomène bientôt en Bourse ?

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Candy Crush : le jeu phénomène bientôt en Bourse ?
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Sur mobiles ou sur Facebook, c'est LE jeu du moment. Et la société qui l'édite, King, réfléchit à l'introduire en Bourse.

L'INFO. Jusqu'où ira Candy Crush ? Ce jeu de logique, qui consiste tout simplement à aligner les fruits de couleurs similaires, est disponible gratuitement sur iPhone, Android et sur Facebook. Fort plus de 100 millions de joueurs, l'éditeur du jeu King songerait à entrer prochainement en Bourse, selon le journal Telegraph. État des lieux.

Des chiffres mirobolants. Gratuit, Candy Crush n'offre cependant qu'un nombre limité de vies, qui sont renouvelées toutes les 30 minutes. Pour passer cette limite, les joueurs peuvent acheter des crédits à partir de 0,89 euro. Ce modèle économique, nommé "freemium" (contraction de "free" qui veut dire gratuit en anglais et de premium), rapporterait pas moins de 855.000 dollars par jour à ses créateurs, soit plus de 632.000 euros quotidiens. De quoi faire estimer la valeur marchande de la société mère, King, à plus de 5 milliards de dollars (environ 3,7 milliards d'euros) selon le Telegraph.

Entrer en Bourse, une fausse bonne idée ? D'un côté, les voyants sont au vert pour King : "Candy Crush cartonne, son éditeur existe depuis 2003 et serait rentable depuis 2005", confie Fabrice Pelosi, spécialiste des introductions en bourse et Marketing Manager chez Saxo Banque. Ce qui signifie que ce jeu n'est pas le seul responsable de cette bonne santé et que l'entreprise possède d'autres atouts dans sa manche. Mais plusieurs points gris viennent ternir le tableau d'une éventuelle entrée en Bourse : "un jeu ne peut pas être protégé légalement. Par exemple si demain un éditeur crée un clone en remplaçant les fruits de Candy Crush par des animaux, King ne pourra rien faire. Et son succès pourra s'effondrer du jour au lendemain", tempère Fabrice Pelosi. "De plus, même si King était rentable avant Candy Crush, il reste difficile de multiplier les hits", prévient le spécialiste. Fabrice Pelosi tient également à rappeler que "pour l'instant, c'est trop tôt, on a trop peu d'infos pour juger cette éventuelle entrée en Bourse". D'autant que les exemples d'échecs suite à des introductions en Bourse existent dans le domaine.

Le contre-exemple Zynga. Cet autre éditeur (à l'origine notamment du jeu Farm Ville) était en pleine croissance sur Facebook dès 2009. Valorisée à 20 milliards de dollars (15,15 milliards d'euros) en janvier 2011, elle a été introduite en Bourse en décembre de la même année. Mais 2012 fut une année noire et Zynga accusait 209 millions de dollars de perte sur l'année. Résultat : 520 licenciements, soit 18% de son effectif. "Zynga avait été évalué, avant son entrée en Bourse, à 7 milliards d'euros. Depuis, le titre a perdu 62% de sa valeur et son chiffre d'affaires a chuté de 30% en un an lors du deuxième trimestre 2013", compare Fabrice Pelosi. Un contre-exemple dont King devra s'inspirer s'il veut s'inscrire dans la durée comme un éditeur majeur du jeu mobile.

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