Yvelines : sanctionné pour une blague sur Daech, il entame une grève de la faim

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Yvelines : sanctionné pour une blague sur Daech, il entame une grève de la faim
Depuis sa mauvaise blague, l'employé de Pôle emploi vit un enfer. @ AFP
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Un homme avait été sanctionné après avoir plaisanté au sujet de l’organisation terroriste Daech en août dernier. Depuis, il vit un enfer. 

Un employé du Pôle emploi de Saint-Germain-en-Laye, dans les Yvelines, a entamé une grève de la faim pour une raison plutôt peu commune. Comme le raconte Le Parisien, cet employé a en effet été sanctionné pour une blague sur Daech qui n’est pas bien passée auprès de sa direction l’été dernier. Depuis, il vit l’enfer.

"Daech revendique le tremblement de terre en Italie". Le 29 août alors qu’un séisme secoue l’Italie, il envoie un mail à ses collègues dans lequel il écrit : "Daech revendique le tremblement de terre en Italie". Dix jours après, il est convoqué par le responsable sécurité de sa direction régionale.

Et les sanctions ne tardent pas : suspendu de ses fonctions, une plainte est déposée pour "apologie du terrorisme". Son domicile est perquisitionné et l’homme se retrouve placé en garde à a vue.

"On voulait lui faire dire qu'il était terroriste". Celui pour qui ces mots n'étaient qu'une "simple blague, qu'on peut certes trouver douteuse", rapporte un délégué FO au Parisien, s'est ensuite retrouvé au cœur de multiples attaques. "On voulait lui faire dire qu'il était terroriste, on lui a prêté plein de choses comme une allégeance à Mahomet, d'avoir dit cinq fois Allah Akbar le jour de Charlie Hebdo, d'avoir transporté une bombe ou d'avoir envoyé un mail déclarant qu'il souhaitait partir en Syrie ", poursuit le syndicaliste auprès du quotidien.

En arrêt depuis septembre. L’affaire sera finalement classée sans suite. Mais pas pour la direction de Pôle emploi qui lui impose une mutation, en échange d’une levée des sanctions. L’employé refuse cette mesure, car il estime ne rien avoir à se reprocher. Travailleur handicapé et diagnostiqué anxio-dépressif, il est en arrêt maladie depuis septembre.

L’homme, qui se lance maintenant dans une grève de la faim pour protester contre son traitement, prévoit d’engager un avocat et de porter l’affaire devant la justice.