Viols : Lyon pris d'une psychose

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Viols : Lyon pris d'une psychose
@ MAXPPP
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Les rumeurs gonflent autour du violeur toujours introuvable. La police tente de calmer les esprits.

L'INFO. La psychose commence à s'emparer des Lyonnais. Depuis quelque temps, de folles rumeurs circulent sur le violeur en série qui a agressé cinq jeunes femmes en trois mois dans la ville. Jeudi matin, une manifestation a été organisée devant la fac de Lyon-3. Dans la foule, les étudiants oscillaient entre inquiétude et ras-le-bol. "A cause du manque d'information, de folles rumeurs circulent et ça nous met en colère", a expliqué Léa, représentante de la Confédération étudiante, au micro d'Europe 1. Cette étudiante qui estime que la police n'aurait pas dû attendre aussi longtemps. "Ils auraient dû mieux protéger les étudiants et les étudiantes en en parlant dès la première affaire".

Une succession de rumeurs. Difficile de démêler le vrai du faux dans cette affaire où la rumeur a pris le pas sur l'information. "On a parlé d'une 6e victime, d'un agresseur au sourire de l'ange ou du jocker, de victimes uniquement blondes incitant du coup des jeunes femmes à se teindre en brunes, d'un portrait-robot qui n'existait pas", a énuméré Albert Doutre, directeur départemental de la sécurité publique du Rhône, qui parle d'"aberrations".

La police sort du silence. Face à ces fausses information qui font naître "un début de psychose", la police lyonnaise a décidé de sortir de son silence pour "casser ce processus négatif de rumeurs". "On a été obligés de revoir notre dispositif, car elle a rendu délicate notre possibilité d'action sur le terrain", a ajouté le directeur départemental, qui dit vouloir "communiquer pour ne pas accréditer ce climat de psychose et laisser aux enquêteurs les chances de pouvoir interpeller l'individu". Dix policiers se consacrent à plein temps à ce dossier.

Un agresseur masqué. Alors, que sait-on de cet agresseur, en "sommeil" depuis le 30 janvier ? Selon Marc Cimamonti, procureur de la République, le violeur a agi masqué et a commis cinq agressions sexuelles et/ou viols entre octobre 2012 et fin janvier 2013, sous la menace d'une arme blanche (cutter ou couteau), entre 23h00 et 1h30 du matin. Toutes les victimes ont entre 20 et 25 ans. Trois jeunes femmes sur les cinq agressées étaient des étudiantes. Les armes "tranchantes" ont servi à menacer les victimes pour les contraindre.

Des mails envoyés aux étudiants. Début février, les présidents de Lyon-1 et Lyon-3 avaient décidé de passer à l'action en envoyant un mail aux quelque 30.000 étudiants, les invitant à "ne pas sortir non accompagnés et à rester vigilant(e)s". Une initiative que ne regrette pas Jacques Comby, président de l'université Lyon-3. "J'assume ce que j'ai fait. Je vous le dit franchement : je n'aurais pas pu dormir si j'étais parti de cet établissement avec une information pareille en sachant que, peut-être, une étudiante non prévenue à cause de moi allait peut-être se faire agresser", a-t-il maintenu sur Europe 1. "Ce n'était pas possible, et je pense que tout le monde peut le comprendre".

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Une milice pour "traquer le violeur". Le GUD, un groupuscule d'extrême-droite, a annoncé jeudi qu'il organiserait des rondes de nuit dans Lyon pour assurer la sécurité des étudiantes, rapporte Rue89. A travers l'instauration de milices, le groupuscule compte lutter contre "l'insécurité, quitte à utiliser la violence", ajoute le site.