Victime d’un "swatting", un "gamer" se fait arrêter en direct

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Victime d’un "swatting", un "gamer" se fait arrêter en direct
@ Capture d'écran
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PRATIQUE IMPORTÉE - Hubert Skrzypek, alias "Bibix", a vu débarquer des policiers chez lui près de Paris. Une pratique très répandue aux Etats-Unis qui consiste à se venger d’un joueur de jeu vidéo.

Le phénomène vient de faire une première victime en France. Alors qu’il jouait tranquillement chez lui à un jeu vidéo en réseau, Hubert Skrzypek, alias "Bibix", a vu débarquer des policiers de la BAC, venus l’interpeller. Rapidement, le jeune homme comprend qu’il a été victime d’un "swatting", une pratique très répandue aux Etats-Unis qui consiste à mobiliser les forces de police chez un joueur pour se venger de lui. Bien souvent, les policiers s’aperçoivent très vite qu’ils n’ont pas affaire à un criminel et les poursuites s’arrêtent là. Sauf pour le joueur ciblé, qui, dans le cas précis, a décidé de porter plainte. S’ils sont identifiés, ses détracteurs risquent jusqu’à deux ans de prison et 30.000 euros d’amende.

Une arrestation observée par des milliers d’internautes. Mardi 10 février au soir, comme à l’accoutumée, Bibix joue en réseau sur Twitch, une plateforme de diffusion de jeux vidéo en streaming. Fort de 60.000 abonnés sur ce site spécialisé, Hubert Skrzypek joue ce soir là à DayZ, un jeu vidéo de zombie. Des milliers d’internautes observent donc potentiellement le jeune homme en train de jouer. Quand, soudain, Bibix est interrompu dans sa partie par des policiers de la Bac qui le mettent en joue.

La vidéo de l'arrestation de "Bibix" :



Bibix arrêté par la police en plein LIVE Twitchpar Spi0n

Sur les images, on entend les forces de l'ordre hurler : "Tu bouges pas ! Les mains sur la tête, à genoux !", avant de le menotter. Alors que Bibix semble particulièrement calme, sa petite amie, elle, est en larme. Elle demande alors aux policiers les raisons de cette interpellation. Le jeune homme, lui, explique posément aux gendarmes qu’il s’agit d’un canular. Il leur conseille donc de couper la caméra et le micro qui enregistrent toute la scène.

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Les policiers comprennent alors qu’ils ont été victimes d’un canular. Un hacker malveillant aurait en effet usurpé la ligne d’Hubert Skrzypek pour appeler la police de Charenton-le-Pont, dans le Val-de-Marne, et déclarer qu’il venait de tuer sa femme.

Ulcan et sa communauté à l’origine de l’attaque ? Le lendemain, il poste une vidéo sur son compte Youtube - qui totalise près de 120.000 abonnés - et assure qu’il connaît les auteurs de l’attaque, sans toutefois les nommer. "Ça m'est vraiment arrivé (...). Je me fais des dons hallucinants, j'arrive à vivre de ma passion, j'ai mon lot de détracteurs. Ce sont des gens qui sont arrivés sur ma chaîne, qui disaient que je ne méritais pas tout ça. J'en dirais pas plus", lâche-t-il.

Le gamer remercie les internautes pour leur soutien :

Le même jour une autre vidéo Youtube a été publié sous le pseudo "Gregory Chelli", plus connu dans la communauté des hackers sous le nom de Ulcan. Ce dernier a fait parler de lui dans le courant de l’été pour avoir harcelé des journalistes de Rue89 en raison d’un article publié sur lui qu’il n’avait pas apprécié. Dans la vidéo publiée sous son vrai nom, une jeune femme, qui se présente comme l’ex-petite amie de "Bibix" livre un témoignage peu flatteur pour ce dernier. Ulcan dément toutefois être à l’origine de cette vidéo.

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Pour Bibix, la communauté qui gravite autour d’Ulcan serait bien à l’origine du canular, a-t-il confié au Monde. "Il s'est servi de quelques intermédiaires, c'est sûr ; mais j'ignore qui ils sont. Pour les raisons, c'est simple, c'est la popularité que j'ai grâce à ma chaîne Twitch", affirme-t-il. Hubert Skrzypek a ainsi porté plainte pour déclaration de fausses informations pour provoquer l'intervention inutile des secours. Une enquête a été ouverte. Ce délit est puni de deux ans de prison et 30.000 euros d’amende, comme la rappelé la police nationale dans un tweet.