Var : un employé licencié pour un morceau de fromage

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Un Varois a été licencié pour faute grave par son entreprise. On lui reproche d'avoir volé un morceau de fromage destiné à la poubelle dans un hôtel de Saint-Tropez.

TÉMOIGNAGE EUROPE 1

L'employé d'une société de nettoyage du Var vient d'être remercié pour une histoire de fromage. Fin avril, ce salarié a mangé un morceau de fromage destiné à la poubelle dans la cuisine d'un hôtel de Saint-Tropez dans lequel il lavait les vitres. "On me reproche d'avoir pris un bout de fromage et d'être entré dans la cuisine sans y avoir droit alors que depuis deux ans j'y vais tous les mois", explique-t-il jeudi à Europe 1.

"Si vous voulez, je le paye". "En allant remplir mon seau, j'ai pris un bout de fromage et la directrice de l'hôtel est entrée à ce moment là. Je lui ai dit 'je suis désolé, je me sens pas bien. Je vois bien que ça vous dérange, si vous voulez, je le paye'. Et puis elle a envoyé un mail à son employeur. Je ne pensais pas que ça allait remonter aussi haut pour un morceau de fromage", s'étonne le Varois.

Licencié pour faute grave. Un mois plus tard, Yannick reçoit une lettre pour un entretien préalable à un licenciement. Son entreprise, la société Onet, une société d'ingénierie et de service spécialisée dans la propreté, le rassure en lui assurant qu'il s'agit de la procédure classique et qu'il n'a pas de raison de s'en inquiéter. Mais le couperet tombe en juin. Il est licencié pour faute grave.

"C'est disproportionné". La CGT dénonce un abus. Pour la secrétaire générale de l'Union locale CGT de La Garde et de l'Est Toulonnais, Monique Negrel, le fromage n'est qu'un prétexte trouvé par la direction pour mettre l'employé également militant CGT sur la touche. Yannick comptait en effet se présenter aux élections professionnelles. Cela parait d'un autre temps. Il a travaillé 14 ans sans faute, sans avertissement, sans rien du tout, cela paraît disproportionné", déplore-t-elle.

Une action aux prud'hommes. Père de trois enfants, Yannick va saisir les prud'hommes pour demander sa réintégration. Sollicité, l'entreprise Onet n'a pas souhaitée s'exprimer.