Une rescapée du Bataclan : "continuer à vivre, rien que pour leur dire qu'on les emmerde"

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Cécile, rescapée du concert du groupe Eagles of Death Metal, est venue récupérer, auprès de la police, ses affaires laissées au vestiaire lors de l'attaque du Bataclan. Elle s'est confiée auprès d'Europe 1.

TÉMOIGNAGE EUROPE 1

Dès lundi matin, Cécile est retournée au travail. "Je considérais qu'ils m'avaient fait assez de mal et qu'il n'était pas de question de me faire plus de mal, de m'empêcher de vivre, de m'empêcher d'aller dans la rue, d'emmener mon enfant à l'école", témoigne au micro d'Europe 1 cette rescapée du Bataclan, venue récupérer auprès de la police les affaires qu'elle a dû abandonner lors de l'attaque, vendredi soir, revendiquée par l'Etat islamique.

"Je me sens vivante". "Je ne peux pas vous dire que je n'y suis pas allée la peur au ventre, mais j'y suis allée", poursuit cette mère d'un petit garçon. "Ça va vous paraitre bizarre, mais j'ai l'impression que je me sens moins traumatisée que les gens qui n'ont pas vécu les choses", confie-t-elle. "Je me sens vivante".

"J'ai un petit garçon magnifique, un mari jeune. La vie est belle." "En fait, je sais que j'ai vécu quelque chose d'absolument exceptionnel, qui ne se reproduira sûrement jamais dans ma vie". Et justement, pour Cécile, "cette chose exceptionnelle et horrible me permet de me rendre compte que je suis vivante. Que j'ai un petit garçon magnifique, un mari jeune. La vie est belle", réalise-t-elle.

Vendredi, elle est venue récupérer les affaires qu'elle avait déposées au vestiaire pour le concert : "Ça a été très très dur, de voir tout le vestiaire du Bataclan au quai des Orfèvres", rapporte-t-elle, confiant avoir pleuré en arrivant. "Là, le côté exceptionnel et sordide est flagrant".

"Ils nous ont pris quelque chose d'énorme". "Ils nous ont fait du mal. Ils nous ont fait énormément de mal et ce soir-là, ils nous ont pris quelque chose d'énorme, parce qu'ils ont marqué quelque chose d'horrible dans nos vies. Il ne faut pas leur laisser plus de terrain. Il ne faut pas les laisser nous faire plus de mal que ça", enjoint-elle, la voix tremblante. "Il faut continuer à vivre absolument, absolument. Rien que pour continuer à dire qu'on les emmerde".