Une personne blessée après l'ouverture d'une enveloppe piégée au FMI à Paris

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Une personne blessée après l'ouverture d'une enveloppe piégée au FMI à Paris
L'explosion a eu lieu dans un bâtiment accueillant le FMI et la banque mondiale à Paris. @ CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP
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L'explosion d'un colis piégé a légèrement blessé jeudi une employée au siège du Fonds monétaire international à Paris, un acte aussitôt qualifié d'"attentat" par François Hollande.

L'ESSENTIEL

L'explosion d'un colis piégé au siège parisien du FMI jeudi a été qualifié d'"attentat" par le président François Hollande. Une personne a été blessée jeudi vers 11h30 après l'explosion d'une enveloppe piégée au 66 rue d'Iéna, dans le XVIème arrondissement de la capitale, dans des locaux accueillant le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale. Selon les informations d'Europe 1, cette personne est une assistante de direction du FMI, ayant ouvert l'enveloppe envoyée par la poste. Elle a été légèrement brûlée au visage et aux mains selon le préfet de police de Paris, Michel Cadot. L'enveloppe piégée était destinée au représentant européen de l'institution financière, a ajouté le préfet de police. Les enquêteurs privilégient la piste anarchiste grecque.

Les infos principales à retenir

  • Un colis piégé a été envoyé au bureau parisien du FMI 

  • Une employée a été blessée aux mains et au visage 

  • Le parquet antiterroriste est saisi de l'enquête

  • Des résidus de timbres grecs ont été identifiés sur le colis

"Une sorte de gros pétard". Environ 150 personnes ont été évacuées des lieux provisoirement, le temps d'une vérification. Les pompiers se trouvaient sur place avec des chiens détecteurs d'explosifs aux alentours de 12h30. D'après le préfet de police, les restes d'un "engin pyrotechnique, une sorte de gros pétard" ont été découverts. "C'est quelque chose de relativement artisanal, ce n'est en rien une bombe", a précisé Michel Cadot. Par précaution, la Brigade de recherche et d'intervention (BRI) a également été dépêchée. 

La victime est "blessée au visage par des éclats ainsi qu'un blast aux tympans, et est actuellement en traitement sans qu'il y ait le moindre risque quant à sa vie ou à une urgence absolue", a déclaré sur place le préfet de police de Paris Michel Cadot. "Les dégâts sont assez limités dans le bureau", où se trouvaient trois personnes au moment de l'explosion, a-t-il ajouté.





Un "attentat" selon Hollande. "Nous sommes encore en face d'un attentat, il n'y a pas d'autre mot face à un colis piégé", a déclaré François Hollande, jeudi midi, estimant par ailleurs que "nous sommes toujours visés". "Nous devons rechercher toutes les causes et trouver les coupables. Nous le ferons avec obstination, persévérance et jusqu'au bout", a-t-il promis. "Il y a l'état d'urgence, j'ai annoncé qu'il devait être prolongé jusqu'au 15 juillet", a-t-il ajouté. La directrice-générale du FMI, Christine Lagarde, a pour sa part condamné "l'acte de violence" qui a touché le bureau parisien de l'institution. 

Le parquet antiterroriste saisi. La section anti-terroriste du parquet de Paris a ouvert une enquête en flagrance des chefs de tentative d'assassinat en relation avec une entreprise terroriste, association de malfaiteurs en relation avec une entreprise criminelle, destruction par moyen explosif en relation avec une entreprise terroriste, détention et transport de moyen explosif en relation avec une entreprise terroriste. Cette enquête est confiée à la SDAT et à la DGSI. "La cible et le mode opératoire" rendent cette saisine "logique", a indiqué une source proche de l'enquête à l'AFP. Mais l'enquête "s'oriente plutôt vers la piste d'un groupe anarcho-autonome" grec, a indiqué une source proche du dossier.

Un colis expédié de Grèce. Des résidus de timbres grecs ont en effet été retrouvés sur les lieux, selon une information confirmée par Europe 1. Le groupe anarchiste Conspiration des cellules de feu "serait vraisemblablement à l'origine" de l'envoi du colis piégé, a indiqué à l'AFP une source policière grecque. Selon cette source, le ministre adjoint grec de la Protection civile Nikos Toskas a été informé par les autorités françaises que le colis envoyé au FMI avait été expédié d'Athènes, et qu'une adresse en Grèce figure sur le colis. L'action n'a pas été revendiquée pour l'heure.

Un précédent en Allemagne. Mercredi, un paquet contenant un "mélange explosif" avait été découvert au ministère allemand des finances, à Berlin, envoyé depuis la Grèce. La police avait fait évacuer le bâtiment et personne n'avait été blessé. Le groupe anarchiste grec Conspiration des cellules de feu a revendiqué cet envoi, jeudi. Le groupe affirme avoir envoyé le colis piégé "au ministre des Finances allemand" Wolfgang Schaüble dans le cadre d'un plan "Nemesis" (justice, en grec) visant "le système de pouvoir". 

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