Une enquête sanitaire à la prison de Saintes

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Une enquête sanitaire à la prison de Saintes
@ Capture d'écran - Google Streetview
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Une vingtaine de détenus dénoncent les conditions d'hygiène et d'alimentation au sein de cet établissement de Poitou-Charentes.

INFO. L'agence régionale de santé (ARS) de Poitou-Charentes a diligenté une enquête à la maison d'arrêt de Saintes (Charente-Maritime) après la pétition d'une vingtaine de détenus dénonçant les conditions d'hygiène et d'alimentation, a annoncé mercredi l'Observatoire international des prisons (OIP).

Des conditions sanitaires déplorables. Dans la pétition reçue par l'OIP, les détenus évoquent des douches où l'eau, "complètement froide ou complètement bouillante", ne coule que trois fois par semaine, sans pression ou "de couleur rouge" en raison de travaux de canalisation. Concernant l'alimentation sont mentionnés des "repas servis froids, dans des plateaux toujours très sales", ainsi que la vente ou l'utilisation de denrées périmées.

Des conditions d'hygiène "aggravées par le chantier en cours au sein de l'établissement" sont également mises en cause: "Marteau-piqueur à 8 heures du matin, poussière et odeurs pestilentielles, les rats viennent manger au bord des fenêtres, nous dormons avec les fenêtres fermées quand les carreaux ne sont pas cassés", décrivent les signataires, selon l'OIP.

Plusieurs mesures préventives établies. D'après l'OIP, les inspecteurs de l'ARS, qui ont visité les locaux carcéraux le 14 août et dont le rapport final est attendu dans "les prochaines semaines", ont d'ores et déjà établi une liste de mesures préventives "à mettre en place très rapidement": "détartrage des pommes et parois de douches, entretien des sols et bacs de douches, mise à disposition de bouchons d'oreilles individuels, de masques pour limiter l'exposition aux poussières, distribution plus importante d'eau de javel"...

L'ARS a estimé que les "éléments fournis dans la saisine sont réels", tout en soulignant "qu'aucun risque majeur" n'a été relevé, souligne l'Observatoire, qui précise qu'une enquête complémentaire doit être menée concernant les réseaux de fourniture d'eau et les menus.  Selon l'OIP, le Contrôleur général des lieux de privation de liberté avait visité l'établissement en avril 2013, suite à de nombreuses saisines de familles. Son rapport n'a pas encore été rendu public.