Une cinquantaine d'avocats à Rennes jeudi en soutien à une de leurs collègues

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Une cinquantaine d'avocats à Rennes jeudi en soutien à une de leurs collègues
Les avocats vont se réunir devant la cour d'appel de Rennes jeudi. @ GEORGES GOBET / AFP
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Me Christine Courrégé est mise en examen depuis 5 ans pour "association de malfaiteurs", soupçonnée d'avoir aidé un client sous contrôle judiciaire. 

Une cinquantaine d'avocats sont attendus jeudi à Rennes pour assister une de leurs consœurs, Me Christine Courrégé, placée depuis cinq ans sous contrôle judiciaire dans le cadre d'une mise en examen pour "association de malfaiteurs", a-t-on appris auprès de ses défenseurs. Ils viennent soutenir leur collègue lors de la tenue d'une audience devant la chambre d'instruction de la Cour d'appel destinée à statuer sur l'appel de ses conseils sur le refus de main-levée de ce contrôle judiciaire. Me Courrégé, avocate au barreau de Paris, a été mise en examen en juin 2011 pour "association de malfaiteurs en vue de la préparation du délit de recel d'abus de biens sociaux", dans une affaire de coopératives de croissance instruite à Rennes. Elle est soupçonnée d'avoir aidé son client à gérer des fonds malgré l'interdiction prévue par un contrôle judiciaire. 

Une "qualification infamante et délirante". Cette mise en examen était intervenue après que l'avocate eut organisé, à son cabinet, une réunion avec son client mis en examen et des représentants des parties civiles. "Me Courrégé, à qui il est tout au plus reproché d'avoir défendu un de ses clients dans le strict respect de ses règles déontologiques, a été mise en examen sous la qualification infamante et délirante "d'association de malfaiteurs" et placée sous un contrôle judiciaire auquel elle est toujours astreinte depuis", écrivent dans un communiqué le président du conseil national des barreaux Jean-Marie Burguburu et Me Mario-Pierre Stasi, initiateurs du mouvement de soutien avec l'association des avocats pénalistes (ADAP). "Au-delà de sa situation personnelle difficilement tolérable, c'est l'atteinte aux droits de la défense qui justifie cette mobilisation sans précédent", ajoutent-ils. 

Son client soupçonné d'avoir escroqué 3.000 épargnants. Me Christine Courrégé est l'avocate de Jean-Jacques Defaix, mis en examen en novembre 2010 devant la juridiction inter-régionale spécialisée (JIRS) de Rennes pour "abus de biens sociaux, abus de confiance et escroquerie en bande organisée". Informaticien retraité finistérien, Jean-Jacques Defaix avait créé à partir de 2008 un réseau d'une quarantaine de coopératives de croissance, un système de financement coopératif qui collectait des fonds auprès de particuliers et entreprises en promettant une rémunération de 3 à 6%. Plus de 20 millions d'euros des 34 versés par quelque 3.000 épargnants ont disparu et la plupart des coopératives ont dû être placées en liquidation judiciaire. Jean-Jacques Defaix est soupçonné d'avoir "continué à gérer" - en violation de son contrôle judiciaire - "des fonds investis en Chine", provenant des souscriptions des épargnants.