Un surveillant violemment agressé au centre pénitentiaire d'Alençon

  • A
  • A
Un surveillant violemment agressé au centre pénitentiaire d'Alençon
Le détenu a demandé à regagner sa cellule alors qu'il était en promenade, avant d'agresser les surveillants qui se demandaient pourquoi il tardait, selon FO. @ AFP
Partagez sur :

Le détenu a demandé à regagner sa cellule alors qu'il était en promenade, avant d'agresser les surveillants qui se demandaient pourquoi il tardait, selon FO. 

Un détenu a violemment agressé un surveillant dimanche au centre pénitentiaire de Condé-sur-Sarthe, qui appartient à la communauté urbaine d'Alençon, a-t-on appris lundi auprès du parquet, alors que FO dénonce "une tentative d'homicide". "Il y a eu une scène de violence très importante. Ces faits auraient pu avoir des conséquences dramatiques. Ils seront qualifiés une fois l'enquête terminée", a indiqué le procureur de la République d'Alençon, François Coudert, qui a ouvert une enquête de flagrance. L'arme blanche utilisée a entraîné des "blessures graves", selon le magistrat.

Un pic de 15 cm sous la gorge. Selon FO, le détenu "a collé un pic de 15 cm sous la gorge d'un surveillant en hurlant à son collègue 'si tu avances, je l'égorge' ". Une source proche de la direction a confirmé qu'un pic de 15 cm avait été utilisé par le détenu. Le surveillant, sorti dimanche soir de l'hôpital, a ensuite reçu "deux coups de pics dans le crâne et un coup de pic dans le dos" après avoir tenté de se libérer, a indiqué FO dans un communiqué. "La violence des coups affirme la détermination de l'individu à tuer un surveillant", estime FO.

Dix jours d'ITT pour le surveillant. Le surveillant s'est vu prescrire 10 jours d'ITT, selon le syndicat. "Insuffisant" selon FO car le surveillant "s'est vu mourir au travail". "Il a eu de la chance. Il a trois plaies avec des points de suture mais la radio du thorax est bonne", a précisé Emmanuel Guimaraes, secrétaire FO au centre pénitentiaire de Condé. Pour le syndicat, il y a tentative d'homicide avec préméditation. Le détenu a demandé à regagner sa cellule alors qu'il était en promenade, avant d'agresser, devant sa cellule, les surveillants qui se demandaient pourquoi il tardait, selon FO. Le syndicat dénonce une "inertie" de l'administration pénitentiaire (AP) et appelle à participer mardi à "un mouvement national" de protestation, déjà programmé avant l'agression.

À son ouverture, la prison de Condé-sur-Sarthe, spécialisée dans les détenus difficiles, était présentée comme la plus moderne de France. Selon l'AP, 114 détenus y purgent actuellement leurs peines. Un établissement similaire a ouvert depuis à Vendin-le-Viel, dans le Pas-de-Calais, en 2015.