Un policier jugé pour avoir blessé un lycéen avec un flash-ball

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Un policier jugé pour avoir blessé un lycéen avec un flash-ball
@ AFP
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Soupçonné d'avoir grièvement blessé un lycéen lors d'une manifestation en 2010, un policier comparaît jeudi devant le tribunal correctionnel de Bobigny.

Le visage tuméfié du jeune Geoffrey Tidjani avait fait le tour des médias. Ce lycéen, alors âgé de 16 ans, avait été blessé par un tir de flash-ball le 14 octobre 2010 dans une manifestation contre la réforme des retraites, à Montreuil, en Seine-Saint-Denis.

Six opérations. Alors qu'il était en train de pousser une poubelle devant son établissement scolaire afin de bloquer l'accès au bâtiment, l'adolescent avait été grièvement blessé à l'œil et au visage, en recevant un projectile de flash-ball tiré par la police. Victime de fractures de la pommette et de la mâchoire et d'une hémorragie de l'œil gauche qui avait failli causer sa perte, Geoffrey avait dû subir six opérations faciales.

"Dans une souffrance extrême". Une semaine après, la mère du jeune homme, Corinne, avait témoigné auprès d'Europe 1 : "Il pleure, il est dans une souffrance extrême. Là, on est plus en colère que jamais. Quand on voit Geoffrey aujourd’hui, on ne peut pas pardonner." Geoffrey, également rencontré par Europe 1, avait déclaré : "Jamais je n’aurais pensé qu’on me tire dessus. Jamais je n’aurais cru avoir de l’agression de la part des policiers."

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Le flash-ball mis en cause. Plus de quatre ans après les faits, les parents de l'adolescent dénoncent le recours à cette arme par les policiers : "On veut la suppression du flash-ball, dont l'usage ne correspond souvent pas aux procédures" sur l'emploi de la force par les policiers, et peut causer de graves blessures notamment au visage, a déclaré le père de Geoffrey, Christian Tidjani. Entouré par un collectif d'opposants à l'usage du flash-ball par la police, la famille espère que ce procès pourra faire avancer cette cause.

Un procès-verbal mensonger. Agé de 42 ans, le policier suspecté d'être l'auteur du tir, comparaît jeudi devant le tribunal correctionnel de Bobigny pour violences volontaires mais aussi pour faux et usage de faux. Il lui est reproché d'avoir menti dans le procès-verbal, indiquant dans un premier temps que le lycéen avait eu "une attitude menaçante et dangereuse" et "jeté des projectiles". Une version qui avait ensuite été démentie par des témoignages et une vidéo des faits, a souligné l'avocat de la famille, Me Pierre-Emmanuel Blard.

L'agent de police encourt jusqu'à sept ans de prison. 

>> Mise à jour le 5 mars 19h50 : Le jugement a été mis en délibéré au 2 avril.

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